La bataille judiciaire autour d’Alain-Claude Bilie-By-Nze continue d’alimenter le débat politique au Gabon. Mercredi 17 juin 2026, les avocats de l’ancien Premier ministre ont présenté une nouvelle analyse du dossier ayant conduit à son incarcération à la prison centrale de Libreville.
Par Roland Olouba Oyabi
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Toutefois, la défense ne limite plus son argumentation aux seules questions juridiques. Elle affirme désormais que cette affaire poursuit un objectif politique précis. Selon elle, la procédure chercherait à éloigner l’opposant de la scène publique et à fragiliser ses ambitions futures.
Une défense mobilisée autour d’un dossier contesté
Après une première prise de parole début juin, les conseils d’Alain-Claude Bilie-By-Nze sont revenus devant les médias. Me Thierry Nguia s’est exprimé aux côtés de plusieurs avocats et responsables d’Ensemble pour le Gabon.
D’emblée, ils ont rejeté la qualification privée attribuée à cette affaire. À leurs yeux, le dossier concerne des activités liées à l’action publique. Ainsi, ils estiment que les faits doivent être examinés sous un angle institutionnel plutôt que personnel.
Par ailleurs, la défense décrit un dossier marqué par de nombreuses zones d’ombre. Elle compare même cette procédure à un labyrinthe où les règles changeraient au fil du parcours.
La question centrale de la prescription
L’un des principaux arguments avancés concerne la prescription des faits reprochés. Selon Me Nguia, les événements visés remontent à l’année 2008.
Or, près de vingt ans se sont écoulés depuis cette période. Dès lors, l’avocat considère que l’action publique ne peut plus être engagée légalement.
Il s’interroge également sur l’application uniforme du droit. Selon lui, tous les citoyens doivent bénéficier des mêmes garanties juridiques. Cette interrogation constitue aujourd’hui l’un des piliers de la stratégie de défense.
Une affaire liée à la Fête des cultures
La défense insiste également sur l’origine des fonds au cœur du litige. Selon ses explications, les cinq millions de francs CFA concernaient l’organisation de la Fête des cultures.
Cet événement relevait du ministère de la Culture et mobilisait des structures publiques. Ainsi, les dépenses engagées auraient participé à la préparation d’une manifestation nationale.
Pour les avocats, il ne s’agissait donc pas d’une initiative privée. Au contraire, ils présentent cette opération comme un projet républicain. Dans leur argumentation, la Fête des cultures apparaît comme le véritable théâtre des faits contestés.
L’éligibilité de l’opposant au centre des inquiétudes
Au-delà des aspects techniques, la défense développe une lecture politique du dossier. Elle estime que la procédure pourrait produire des conséquences majeures sur l’avenir de l’ancien chef du gouvernement.
Selon Me Nguia, plusieurs dysfonctionnements renforcent cette perception. L’avocat considère que le caractère politique de l’affaire devient de plus en plus visible.
De surcroît, il affirme que l’incarcération de son client intervient dans un contexte particulièrement sensible. Cette situation nourrit les interrogations de ses soutiens.
Des critiques sur le déroulement de la procédure
Enfin, les avocats dénoncent plusieurs irrégularités procédurales. Ils soulignent notamment que leur client n’aurait toujours pas été entendu par le juge d’instruction après plusieurs semaines de détention.
Par conséquent, ils ont saisi les juridictions compétentes afin de contester la validité de la procédure. Ils réclament également sa libération immédiate.
Pour la défense, le dossier repose sur des fondations fragiles. Tel un édifice construit sur du sable, il risquerait de s’effondrer sous l’examen du droit. En attendant les prochaines décisions judiciaires, cette affaire continue de cristalliser les tensions entre justice, politique et démocratie au Gabon.









