L’opposition congolaise a organisé un sit-in ce 12 juin. La coalition « C64 » avait appelé à cette mobilisation. Le Palais du Peuple était la cible visée. Trois jours plus tôt, les députés avaient voté la loi référendaire. Cette loi ouvre la voie à un troisième mandat. Félix Tshisekedi en serait le principal bénéficiaire. Le gouvernorat de Kinshasa avait interdit l’accès au Parlement. Un important dispositif policier avait donc été déployé. Malgré l’interdiction, l’opposition a maintenu son rassemblement, selon plusieurs sources sur place.
Des échauffourées éclatent dès le matin
Vers 10 heures, les rues restaient encore calmes. Des centaines de militants attendaient devant le QG de Fayulu. Cependant, des heurts ont éclaté près du siège de Delly Sesanga. Des échanges de projectiles ont opposé plusieurs groupes. Les autorités ou les forces de sécurité visaient des individus de la « Force du progrès ». Ce mouvement serait donc affilié à l’UDPS au pouvoir. « C’est le pouvoir qui a demandé à ces voyous de nous attaquer », a dénoncé Martin Fayulu.
La marche tourne au chaos vers midi
Malgré ces tensions, les leaders se sont regroupés ensuite. Peu après midi, la marche a débuté. Elle visait le Palais du Peuple, à quelques mètres. C’est alors que la situation a basculé brutalement. La police a tiré des gaz lacrymogènes sur la foule. Un face-à-face tendu a donc précédé cette riposte. Quelques militants ont atteint le Palais, en vain. Ils ont été violemment repoussés par les forces de l’ordre.
Fayulu et plusieurs opposants blessés dans la répression
Een effet, Martin Fayulu est apparu visiblement choqué et ensanglanté. Ses proches le soutenaient, le crâne marqué de sang. Une balle aurait touché Delly Sesanga à la jambe. Les secours l’ont transporté vers une clinique voisine. Des violences auraient également blessé Jean-Marc Kabund, selon ses proches. Pendant ce temps, des assaillants ont attaqué le QG de Fayulu. Policiers et militants pro-pouvoir en étaient les auteurs. « Il y a eu beaucoup de blessés et deux morts », a affirmé Fayulu. La police n’a cependant pas confirmé ce bilan.
Entre appel à la mobilisation et fermeté du pouvoir
Ainsi, cette journée marque un tournant dans la crise. Jamais une telle confrontation n’avait eu lieu à Kinshasa. « Si on nous empêche de manifester aujourd’hui, le but est de montrer que nous sommes déterminés », a expliqué le député Christian Mwando. La veille, Joseph Kabila avait appelé à un « sursaut national ». Toutefois, de son côté, le gouvernement campe sur ses positions. « Les Congolais diront non à ceux qui veulent les maintenir assis », a martelé Patrick Muyaya. Ainsi, la tension reste vive entre pouvoir et opposition.









