Donald Trump a quitté Pékin vendredi après deux jours de sommet avec Xi Jinping. À bord d’Air Force One, le président américain s’est félicité d’accords commerciaux « fantastiques ». Pourtant, les dossiers brûlants, guerre en Iran, Taïwan, tensions technologiques, n’ont pas connu de percée décisive.
Des engagements commerciaux annoncés, mais flous
Sur le front économique, Donald Trump a affiché son optimisme. Il a évoqué la promesse d’achat de 200 « gros » Boeing par la Chine, confirmée lors d’un entretien avec Fox News. C’est un signal fort, mais en deçà des 500 appareils évoqués depuis des mois dans la presse. Xi Jinping aurait également exprimé l’intérêt de Pékin pour du pétrole et des produits agricoles américains, sans qu’aucun chiffre ne soit avancé.
« Nous avons conclu des accords commerciaux fantastiques, excellents pour nos deux pays. »
— Donald Trump, à l’issue du sommet
Toutefois, aucun accord formel n’avait été annoncé ni détaillé plusieurs heures après le départ de la délégation américaine. La Maison-Blanche espérait repartir avec des engagements concrets dans l’agriculture ou l’investissement. Les résultats restent, pour l’heure, difficiles à évaluer.
L’Iran et le détroit d’Ormuz, dossiers sans solution
Washington cherchait à obtenir l’appui de Pékin sur la crise iranienne. Le détroit d’Ormuz, quasi fermé sous l’effet du conflit, prive la Chine d’une part importante de ses importations d’hydrocarbures. Trump affirme que Xi lui aurait garanti, avec force, ne pas livrer d’armes à l’Iran. Il indique aussi que le dirigeant chinois se serait dit prêt à aider à une réouverture du détroit.
Cependant, le communiqué officiel du ministère chinois des Affaires étrangères ne reflète aucune évolution notable. Pékin réaffirme vouloir jouer un « rôle constructif » pour
la paix, tout en estimant que cette guerre « n’aurait jamais dû se produire ». La Chine maintient donc sa ligne habituelle de retenue diplomatique.
Taïwan : une mise en garde ferme de Xi
Sur la question taïwanaise, le ton a été plus tendu. Xi Jinping a adressé à Donald Trump une vigoureuse mise en garde contre le risque de « conflit » entre les deux puissances. Trump, de son côté, n’a pas commenté publiquement ces propos. Le secrétaire d’État Marco Rubio a simplement confirmé que la politique américaine envers Taïwan « reste inchangée ».
Un « nouveau paradigme » affiché par Pékin
Malgré ces tensions, les deux dirigeants se sont entendus pour qualifier désormais leurs relations de « stabilité stratégique constructive ». Xi Jinping a salué une visite « historique, qui fera date ». La Chine y voit un gain précieux : davantage de prévisibilité face aux décisions imprévisibles de Washington.
En réalité, ce sommet confirme une dynamique bien connue. Les deux premières puissances mondiales peuvent coopérer sur des points précis, notamment commerciaux. Néanmoins, leurs rivalités structurelles , technologie, influence régionale, alliances militaires , demeurent profondément ancrées et sans issue visible à court terme.









