Une nouvelle fusillade a endeuillé la ville de Nantes. Jeudi 14 mai, des coups de feu ont retenti dans le quartier du Port Boyer. Résultat : un adolescent de 15 ans est mort. Deux autres mineurs ont également été blessés lors de cette attaque en plein jour.
Des tirs en plein cœur d’un quartier résidentiel
Les faits se sont produits vers 19h30, alors qu’il faisait encore jour. Deux individus ont surgi à vélo électrique devant le 3 rue Pornichet. Armés d’un fusil d’assaut, ils ont ouvert le feu sur trois adolescents. Quatorze douilles de 9 mm ont été retrouvées sur place. Les suspects ont ensuite pris la fuite.
« On a entendu des tirs – une dizaine, à deux reprises – et j’ai tiré ma mère par le col pour rentrer. »
— Angeline, habitante du quartier
Trois victimes mineures, dont un mort
Le procureur de Nantes, Antoine Leroy, a confirmé le décès d’un garçon de 15 ans sur place. Un enfant de 13 ans, grièvement blessé, a été hospitalisé en urgence. Heureusement, son pronostic vital n’est plus engagé. Un troisième adolescent de 14 ans a été touché moins grièvement. Aucun des trois ne possédait d’antécédents judiciaires.
La tante de la victime décédée a affirmé que son neveu n’était pas impliqué dans le trafic. « Il était juste là au mauvais endroit, au mauvais moment », a-t-elle déclaré à France 3.
Une enquête ouverte pour règlement de comptes lié au narcotrafic
Le procureur évoque un « règlement de comptes en lien avec des stupéfiants ». Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé cette piste sur place vendredi. « Ici, c’est un point de deal très convoité ces derniers temps », a-t-il précisé. L’enquête a été confiée à la Division de la criminalité organisée de Nantes.
Un quartier frappé par une série de violences
Ce drame n’est pas isolé. Quatre jours plus tôt, un homme de 18 ans avait déjà été blessé dans ce même quartier. Fin avril, un jeune homme avait été tué et un autre grièvement blessé à proximité. Les habitants témoignent d’une explosion du narcotrafic depuis plusieurs mois. Certains envisagent de quitter le quartier, submergés par l’insécurité.
« La police, elle est où ? On vit dans la peur, on se sent abandonnés. »
— Paola, tante de la victime
De nouveaux moyens annoncés par le gouvernement
Face à l’émotion générale, Laurent Nuñez a annoncé le déploiement de forces supplémentaires. Une antenne de l’Office anti-stupéfiants (Ofast) sera créée à Nantes. Par ailleurs, le projet de loi Ripost, examiné prochainement au Sénat, prévoit des mesures renforcées contre le crime organisé. « On ne lâchera rien », a conclu le ministre. Une cellule psychologique a également été mise en place vendredi matin pour les habitants du quartier.









