La Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud a rendu un verdict historique ce vendredi. Elle annule un vote du Parlement datant de décembre 2022. Cette décision relance la procédure de destitution contre le président Cyril Ramaphosa. Le scandale dit « Farmgate » revient ainsi au cœur de l’actualité politique.
Retour sur les origines du scandale
Tout commence en 2020 dans le ranch présidentiel de Phala Phala. Une somme colossale de 500 000 dollars en espèces y disparaît mystérieusement. L’argent était dissimulé sous les coussins d’un canapé. Le vol survient dans l’élevage de bétail et la réserve de chasse personnelle du président.
Cyril Ramaphosa affirme alors que cet argent provenait d’une transaction commerciale légitime. Selon lui, un homme d’affaires soudanais aurait acheté des buffles et réglé en liquide. Ses opposants rejettent catégoriquement cette explication.
Des accusations graves et multiples
Les détracteurs du président ne se limitent pas au seul vol. Ils lui reprochent d’avoir omis de signaler l’affaire aux autorités policières. Un conflit d’intérêts flagrant est également soulevé dans cette affaire. Certains évoquent même un abus de pouvoir caractérisé.
En 2022, une commission d’enquête parlementaire conclut que Ramaphosa pourrait être coupable de faute grave. Pourtant, l’Assemblée nationale rejette ce rapport sans ambiguïté. L’ANC, alors majoritaire au Parlement, protège efficacement son chef d’État. Le président survit confortablement au vote de destitution.
La justice annule ce vote protecteur
C’est précisément ce vote que la Cour constitutionnelle vient d’invalider. La présidente de la Cour, Mandisa Maya, a été sans équivoque dans sa déclaration. Elle juge ce vote « contraire à la Constitution » et le déclare nul. Cette décision ouvre à nouveau la voie à une possible destitution.
La plainte à l’origine de cette relance émane de l’Economic Freedom Fighters. Ce parti d’extrême gauche, farouchement opposé à Ramaphosa, n’a jamais abandonné ce combat juridique. Il obtient aujourd’hui une victoire symbolique majeure.
Un contexte politique déjà fragilisé
Le calendrier de cette décision est particulièrement délicat. Le procureur général avait pourtant abandonné toutes poursuites pénales en 2024. La justice constitutionnelle emprunte désormais un chemin distinct et autonome. Ramaphosa dirige aujourd’hui un gouvernement de coalition fragile depuis les élections de 2024.
Quelles suites pour Cyril Ramaphosa ?
L’Assemblée nationale devra désormais se prononcer à nouveau sur ce dossier sensible. La configuration politique actuelle diffère significativement de celle de 2022. L’issue de ce nouveau vote reste donc totalement incertaine. Le « Farmgate » n’a visiblement pas dit son dernier mot.









