Ce samedi 25 avril, bravant la peur des représailles et l’œil des caméras, des membres de la diaspora gabonaise se sont plantés, debout, devant la représentation diplomatique gabonaise à Paris. Banderoles, griefs et voix fermes : le message était sans équivoque. Pour ces manifestants, le Gabon d’Oligui Nguema ne tient pas ses promesses de transition démocratique.
Joint au téléphone, Bernard Rekoula, lanceur d’alerte et commentateur politique, a restitué la teneur du rassemblement sans détour : les participants entendaient marquer leur désapprobation face à une situation nationale jugée en détérioration constante, notamment sur le terrain des droits civiques et des libertés fondamentales, sacrifiés, selon eux, à la volonté du dirigeant actuel rappelle GabonReview.
Des cas concrets au cœur de la mobilisation
La colère de la diaspora n’est pas abstraite : elle porte des noms et des visages. Les manifestants ont réclamé la libération immédiate de Bob Fernand Mengome, placé en détention préventive prolongée sans justification légale apparente. Ils ont également mis en lumière le cas de Kelane Obone Eyeme, mère d’une fillette de 23 mois disparue depuis près d’un an à Libreville.
Son tort : avoir crié son désespoir sur les réseaux sociaux et interpellé directement le président Oligui Nguema ainsi que son épouse. Elle a été arrêtée et, selon Rekoula, « molestée pendant plusieurs jours ». Un récit qui a provoqué une indignation palpable parmi les participants. La situation de Bilie-By-Nze a également été évoquée en marge du rassemblement.
Les ordonnances controversées du gouvernement de transition, le nouveau code de la nationalité et la suspension temporaire des réseaux sociaux ont aussi été cloués au pilori. Les manifestants ont mis les autorités au défi d’en justifier l’urgence réelle.
Le réveil d’une diaspora qu’on croyait résignée
La mobilisation du 25 avril a réuni des profils significatifs. Éloïse Bouanga, fille de l’ancien international gabonais Guy Mbina, était présente. Thibault Adjatys, voix influente de la diaspora en ligne, et Franck Jocktane, militant chevronné des droits humains, ont également répondu à l’appel. Mister le Phénix, figure de l’activisme numérique gabonais, incarnait la mobilisation en ligne. Signe fort de continuité militante : Hugues Sylvain Méfane Métoua, l’homme qui avait organisé les marches du Trocadéro durant neuf années consécutives sous Ali Bongo, était fidèle au poste.
Des étudiants gabonais avaient fait le déplacement, mais ont refusé d’être filmés, redoutant des représailles ou la suppression de leur bourse. Les renseignements généraux français assuraient, sans hostilité, le bon ordre républicain. Encadrée et déterminée, la diaspora gabonaise annonce déjà une prochaine mobilisation. Le brasier, visiblement, ne demandait qu’à se rallumer.











