Après un an et demi de présence en Haïti, les policiers kényans sont rentrés chez eux. Leur départ met fin à un point de friction entre le gouvernement de Nairobi et sa société civile. Envoyés pour contenir la violence des gangs qui terrorisent la population, ces forces de l’ordre n’ont pas atteint leur objectif premier : rétablir un ordre durable. En cause, des moyens logistiques et financiers insuffisants qui ont paralysé leur capacité opérationnelle dès le départ.
Des gangs suréquipés face à des policiers sous-armés
La réalité du terrain a rapidement pris de court le contingent kényan. Les groupes armés haïtiens, alimentés par des filières illicites d’armement depuis les États-Unis, disposaient d’un armement nettement supérieur à celui de leurs adversaires. Le président William Ruto, séduit par les financements onusiens attachés à cette mission, a sous-estimé l’ampleur du défi sécuritaire. Pour ses hommes, la fin de la mission a fait figure de libération.
Chiffre clé
Le Tchad prévoit de déployer 1 500 soldats — soit plus de trois fois la taille du contingent kényan — pour cette mission de stabilisation sous mandat onusien.
Le Tchad entre en scène avec une stratégie revue
Mahamat Idriss Déby Itno (MIDI) a décidé d’engager le Tchad dans cette mission, en tirant les leçons de l’expérience kényane. Contrairement à son prédécesseur, il entend ne pas dépendre uniquement des contributions volontaires d’États donateurs pour financer et équiper sa force. Sur les plans logistique et financier, N’Djamena affiche une ambition autrement plus structurée que Nairobi en son temps.
L’ONU revoit ses ambitions à la hausse
Face à l’ampleur du fiasco sécuritaire, l’Organisation des Nations unies a finalement reconnu que la situation en Haïti exigeait une force multinationale beaucoup plus importante. La multiplicité des groupes armés actifs sur l’île a largement dépassé les projections initiales. En déployant 1 500 hommes, le Tchad s’impose d’emblée comme le pilier central de ce dispositif renforcé, dans une configuration inédite pour l’Afrique centrale sur la scène sécuritaire internationale.








