La Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC) a enregistré un résultat négatif de 454,5 millions de FCFA en 2025. Ce montant progresse de 41 % par rapport à l’année précédente. L’exercice 2024 affichait alors 322,2 millions de pertes, selon le bilan annuel. La plateforme, commune aux six États membres de la CEMAC, cumule ainsi un second exercice déficitaire consécutif. Pourtant, ses revenus poursuivent leur progression sur la période étudiée. Ce chiffre d’affaires grimpe de 5,8 %. Il passe de 876 millions à 927,3 millions de FCFA entre 2024 et 2025.
Cette croissance des recettes n’a toutefois pas suffi à compenser l’envolée des charges opérationnelles constatée cette même année. Ces dépenses bondissent de 18,2 %, atteignant désormais un total de 1,33 milliard de FCFA. Par conséquent, l’excédent brut d’exploitation se détériore fortement, passant à moins 394,5 millions de FCFA. L’année précédente, ce même indicateur affichait seulement moins 221 millions de FCFA au total. Ainsi, l’écart entre revenus et coûts continue de se creuser dangereusement pour l’institution boursière régionale. Cette tendance interroge désormais sur la viabilité financière durable de la structure régionale.
Un historique de pertes malgré un regain d’activité
L’institution demeure éloignée de l’équilibre financier retrouvé en 2023. Cette année-là, elle avait dégagé un bénéfice net de 8,59 millions de FCFA. Avant cette embellie, l’entreprise avait déjà accumulé plusieurs exercices négatifs successifs. Elle affichait 647 millions de pertes en 2019, puis 787 millions l’année suivante. Les déficits atteignaient ensuite 237 millions en 2021, avant de remonter à 557,8 millions en 2022. Cette dégradation récente survient pourtant dans un contexte de regain sur le marché actions. Le volume de titres échangés progresse effectivement de 51 %, atteignant 23 817 unités.
La valeur totale des transactions grimpe également de 19 %, pour s’établir à 739,8 millions de FCFA. Par ailleurs, la capitalisation des six sociétés cotées s’apprécie de 7,9 %, atteignant désormais 477,7 milliards de FCFA. Sur le segment obligataire, en revanche, l’encours des titres reculait fortement durant cette période difficile. Les remboursements de capital totalisent 270,3 milliards de FCFA sur l’exercice écoulé entier. Ce montant dépasse largement les 126,2 milliards issus des nouvelles lignes admises à la cote. Cette asymétrie traduit un déséquilibre persistant entre émissions nouvelles et remboursements effectués.
Des créances impayées et de nouvelles admissions en préparation
Les créances impayées continuent également de peser lourdement sur les comptes de la Bourse régionale. L’institution évalue à environ trois milliards de FCFA les sommes dues par les six États membres de la CEMAC. Elle souhaite désormais accélérer leur recouvrement dès l’année 2026, selon ses dirigeants actuels. Un an plus tôt, elle signalait notamment une dette camerounaise de 2,29 milliards de FCFA. Cette somme correspondait à des frais liés à l’admission en Bourse d’emprunts obligataires nationaux. Or, le plan de remboursement annoncé en avril 2024 n’avait toujours pas été honoré.
Afin d’élargir ses revenus, la BVMAC compte désormais sur de futures admissions boursières. Elle mentionne quinze entreprises publiques appartenant à cinq pays de la CEMAC. Il s’agit du Cameroun, du Gabon, du Congo, de la Guinée équatoriale et de la Centrafrique. Ces sociétés restent candidates à une introduction prochaine sur le marché régional. La Bourse dispose également d’un portefeuille d’opérations impliquant Zenithe Insurance, CBC Bank et Aéroports du Cameroun. Ces projets pourraient renforcer l’attractivité de la place boursière régionale. Ils pourraient aussi consolider sa solidité financière dans les prochaines années.









