La découverte de neuf corps de femmes bouleverse l’Afrique du Sud depuis deux mois. Cette série tragique frappe durement la région de Johannesburg. Elle relance aussi le débat sur les féminicides dans le pays.
Des passants ont découvert le premier corps le 17 juillet dernier. La victime portait des liens aux mains et ne portait aucun vêtement. Depuis, les enquêteurs ont retrouvé huit autres corps de femmes. La police a signalé ce matin la découverte d’un neuvième corps. Les autorités ont arrêté un suspect, probablement le compagnon d’une victime. Enfin, il demeure en garde à vue selon la police. La plus jeune victime identifiée n’avait que 20 ans. Cette découverte relance également le débat sur la protection des femmes. Par ailleurs, de nombreux habitants réclament désormais des réponses.
Les autorités du Gauteng examinent d’éventuels liens entre ces affaires de ces neuf corps de femmes découverts à Johannesburg. Elles préfèrent toutefois écarter toute conclusion hâtive pour l’instant. Ainsi, personne ne confirme un lien avec un tueur en série. Cependant, les enquêteurs jugent préoccupantes les similitudes entre les scènes. En effet, la proximité géographique des découvertes interroge les autorités. Les cinq premiers corps ont émergé à Kempton Park. Ce secteur se situe justement à l’est de Johannesburg. Par la suite, les enquêteurs ont découvert d’autres corps non loin de là. Par conséquent, les habitants du secteur vivent désormais dans une inquiétude palpable.
Des victimes aux profils marqués par la violence
Des riverains ont également découvert des corps à Olifantsfontein récemment. D’autres corps sont apparus non loin de Kwa-Thema. Ces zones se situent à environ 25 et 34 kilomètres de Kempton Park. Par ailleurs, toutes les victimes avaient entre 20 et 38 ans. Les enquêteurs ont retrouvé ces femmes nues ou partiellement vêtues. Notamment, certaines portaient également des ecchymoses selon la police. Les autorités ont identifié l’une d’elles comme Elizabeth Moselakgomo. Cette coureuse de 38 ans portait le surnom « Tsontso ».
Sa famille avait signalé sa disparition la semaine précédente. En effet, sa fille avait alerté ses proches après son jogging quotidien. Des enquêteurs ont finalement retrouvé Moselakgomo sans vie quelques jours plus tard. Cette affaire illustre douloureusement un phénomène bien plus large que les neuf corps de femmes découverts à Johannesburg. Ainsi, les féminicides restent un fléau majeur dans le pays. De plus, la criminalité violente y demeure particulièrement élevée. Notamment, plusieurs collectifs féministes réclament désormais une véritable politique nationale. Cette mobilisation citoyenne gagne du terrain dans plusieurs grandes villes.
Un pays confronté à une criminalité alarmante
Entre avril et juillet, le pays a enregistré 5 427 homicides. Cela représente environ 45 meurtres commis chaque jour. Le taux de féminicides du pays figure parmi les plus élevés au monde. L’agence des Nations Unies appelle enfin les autorités sud-africaines à protéger les femmes.









