Selon le dernier rapport de la CNUCED, le Cameroun occupe seulement le quatrième rang en Afrique centrale. En effet, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Congo le devancent. Ce classement repose sur l’Indice des Capacités Productives, qui évalue 195 économies. Pourtant, ce résultat surprend de nombreux économistes camerounais de premier plan.
Cet indice mesure 43 indicateurs, dont le capital humain, l’énergie, les transports et les institutions. Par ailleurs, il observe la transformation structurelle de chaque pays. Ainsi, il ne juge pas la taille de l’économie, mais sa capacité à créer de la valeur manufacturière. Cette approche explique donc très clairement le recul camerounais.
Des économies pétrolières plus efficaces
Le Cameroun reste pourtant la première économie de la CEMAC, avec 60,6 milliards de dollars de PIB nominal. Il pèse près de 45% du PIB régional. Néanmoins, cette puissance ne se traduit pas en efficacité structurelle. Ainsi, le poids économique du pays masque une industrie encore très fragile et peu compétitive aujourd’hui.
Le Gabon et la Guinée équatoriale comptent peu d’habitants. De plus, Libreville et Malabo ont investi massivement leurs rentes pétrolières dans les infrastructures de base. Le Cameroun, avec ses 28 millions d’habitants, subit donc un effet de dilution. Résultat, sa production industrielle par habitant reste nettement inférieure à celle de ses voisins d’où cette place dans la compétitivité en Afrique centrale,.
Trois freins qui pénalisent l’industrie
Les analystes identifient trois goulots d’étranglement majeurs. D’abord, le déficit énergétique et logistique freine les entreprises. Les coupures d’électricité chroniques et le coût élevé des transports réduisent la productivité des petites et moyennes industries locales. Par conséquent, de nombreux producteurs perdent des marchés précieux au profit de concurrents étrangers mieux équipés.
Ensuite, le financement privé s’asphyxie. L’accès au crédit bancaire reste rigide et très limité pour tous les entrepreneurs locaux. Enfin, le pays dépend fortement des ressources extérieures. La loi de finances prévoit un besoin de financement de 3 197 milliards de FCFA. Les partenaires extérieurs en couvrent donc près de 67%.
Un déclin pétrolier qui inquiète
Ce classement sue la compétitivité en Afrique centrale, sonne comme un avertissement pour Yaoundé. En effet, la production pétrolière nationale recule structurellement. Elle glisse à 19,8 millions de barils, car le rendement naturel des puits baisse. Dès lors, l’économie doit trouver rapidement de nouveaux moteurs de croissance. Cette tendance fragilise les recettes publiques et les équilibres budgétaires nationaux.
Toutefois, les activités non pétrolières soutiennent la résistance du PIB. Le FMI projette une croissance de 3,3% pour l’année en cours. Cependant, cette dynamique ne suffit pas. Le pays doit transformer sur place ses matières premières agricoles et minières. Cette capacité déterminera donc son véritable leadership régional au sein de la CEMAC.
Convertir les ressources en richesse durable
La question ne porte plus sur le volume produit par le Cameroun. Désormais, elle concerne la conversion du marché et des ressources en richesse industrielle solide. Par conséquent, Yaoundé doit renforcer son énergie, son crédit et ses usines. Ces réformes protégeront ainsi mieux le pays des chocs extérieurs à moyen terme.
En résumé, la taille ne garantit pas la compétitivité. Le Cameroun doit investir dans l’énergie, le financement et la transformation locale. Sinon, le Gabon et la Guinée équatoriale conserveront leur avance. À l’inverse, des réformes rapides et ciblées peuvent redonner au géant camerounais son rang.






