São Tomé-et-Príncipe pourrait bientôt décrocher une Indication Géographique pour son cacao. Ce label international serait accordé avant la fin de l’année. Le pays deviendrait ainsi le premier en Afrique à obtenir cette reconnaissance mondiale.
Grâce à cette certification, les chocolatiers devront prouver l’origine réelle du cacao utilisé. Actuellement, un fabricant peut acheter des fèves ivoiriennes ou brésiliennes. Il peut ensuite vendre son chocolat comme « produit de São Tomé ». Cette pratique deviendra désormais illégale sur le marché mondial.
Selon les autorités locales, la démarche renforcera la compétitivité du secteur. Le cacao santoméen se distingue par un profil aromatique unique. Cette rareté justifie une meilleure valorisation économique auprès des acheteurs internationaux.
Un secteur stratégique pour l’économie nationale
Le cacao représente environ 90 % des exportations totales de São Tomé-et-Príncipe. Chaque année, environ 4 000 tonnes sont exportées vers l’Europe. Cette filière contribue significativement au produit intérieur brut national. En 2016, les ventes de cacao avaient rapporté 8,3 millions de dollars. Avec l’indication géographique, ces revenus pourraient nettement progresser. De plus, les cours mondiaux du cacao ont bondi depuis 2024. Cette conjoncture favorable pourrait doubler les recettes d’exportation du pays. Les négociateurs espèrent surtout attirer des acheteurs prêts à payer plus cher. En parallèle, certains experts évoquent une hausse potentielle de 20 % des prix.
Une reconnaissance internationale déjà engagée
L’Accord de Lisbonne couvre actuellement soixante-trois pays partenaires. Trente-neuf autres nations négocient également l’enregistrement du cacao santoméen. Ce processus favorisera le transfert de technologies vers les producteurs locaux. Il stimulera aussi l’innovation dans les méthodes de transformation artisanale.
Adérito Bonfim dirige le Service national de la propriété intellectuelle. Il souligne les retombées attendues sur la réputation du pays. Par ailleurs, cette reconnaissance renforcera durablement l’image de marque nationale.
Un patrimoine colonial remis en lumière
Cette annonce arrive après un classement remarqué de l’UNESCO. Six anciennes plantations coloniales viennent d’intégrer le patrimoine mondial. Beaucoup restent historiquement liées à la culture du cacao. Ainsi, ce double événement consolide la visibilité internationale du pays.
Vers une filière plus rémunératrice
Les petits producteurs locaux espèrent enfin de meilleures marges. Actuellement, la quasi-totalité des fèves part brute à l’export. Peu de transformation locale existe malgré un potentiel réel. Toutefois, cette certification pourrait encourager de nouveaux investissements industriels. Elle inciterait également des coopératives à moderniser leurs équipements agricoles. Par conséquent, davantage de valeur ajoutée resterait sur le territoire national. Concrètement, transformer localement le cacao pourrait tripler certains revenus paysans.
En définitive, cette reconnaissance dépasse le simple symbole diplomatique. Elle ouvre des perspectives économiques concrètes pour tout l’archipel. Désormais, chaque tablette vendue devra respecter cette nouvelle traçabilité stricte. São Tomé-et-Príncipe mise ainsi sur son or brun historique. Ce petit archipel transforme peu son passé colonial en atout durable.









