En ce 1er juillet 2026, le 159e anniversaire du Canada résonne différemment en Alberta. Le 19 octobre prochain, les électeurs albertains devront trancher une question historique. Rester au sein de la Confédération ou amorcer le processus vers un scrutin contraignant sur la sécession. Dès lors, cette fête du Canada prend une dimension politique rare. Deux camps se font face, deux visions du futur s’affrontent, et chaque Albertain est invité à choisir son camp.
Thomas Lukaszuk, ancien vice-premier ministre, n’a pas baissé les bras. Il a repris la route à bord de sa roulotte ornée de la feuille d’érable pour distribuer des pancartes pro-Canada à travers la province. Sa pétition a recueilli plus de 400 000 signatures. Elle demandait à la première ministre Danielle Smith d’exclure la séparation de l’agenda politique. Pourtant, Mme Smith a finalement décidé de soumettre la question au vote. Malgré tout, Lukaszuk garde espoir qu’elle annule le référendum. «Il arrive un moment pour chaque génération où nous devons défendre nos convictions et ne pas laisser les forces négatives l’emporter», a-t-il déclaré.
Wilson et «l’Albertans’ Day Rally» : la fête nationale détournée en plaidoyer séparatiste
De son côté, l’avocat Keith Wilson célèbre autrement la fête du Canada. À Mirror, à l’est de Red Deer, il participe à un rassemblement baptisé «Albertans’ Day Rally». Discours, concerts et
animations pour enfants, tout y est, sauf le drapeau canadien. Car pour Wilson, la vraie question est économique. «Ottawa contrôle l’Alberta et freine notre prospérité», affirme-t-il. Par ailleurs, il estime que le Canada n’est plus le pays qu’il était. «La qualité de vie, l’accessibilité financière, la capacité des gens à réaliser leur potentiel , tout cela a régressé», a-t-il souligné.
Danielle Smith entre deux eaux : elle votera non, mais organise le référendum
La première ministre Danielle Smith incarne toute l’ambiguïté de ce moment. Elle a affirmé qu’elle votera pour que l’Alberta reste au sein du Canada. Toutefois, elle a également reconnu que de nombreux Albertains nourrissent depuis une décennie des griefs légitimes contre les politiques énergétiques et environnementales d’Ottawa. En outre, jeudi, elle doit annoncer un projet de pipeline vers la côte ouest. Elle le présente comme la preuve que la Confédération peut fonctionner. Wilson, lui, y voit au contraire la preuve qu’elle ne fonctionne pas.
Carney à Edmonton, Smith à Calgary : le Canada cherche à tenir l’Alberta
Finalement, le premier ministre Mark Carney se rend à Edmonton pour prendre la parole lors des célébrations officielles. Smith, quant à elle, célèbre à Calgary, à Spruce Meadows. Les deux dirigeants espèrent convaincre les Albertains que l’avenir se construit ensemble. Mais en Alberta, en cette fête du Canada 2026, la question est posée avec une clarté inédite : jusqu’où va la patience d’une province qui se croit mal aimée ?









