La Coalition avenir Québec abandonne le nom de Christine Fréchette. Dix jours après le scrutin du 5 octobre, le parti redevient simplement la CAQ. Ainsi, la formation efface une identité adoptée en juillet. Élections Québec a publié un avis public vendredi matin. Le changement de nom avait reçu son feu vert la veille. Ce retour symbolise un nouveau départ pour la formation. La décision était attendue depuis la démission de la cheffe.
Le contraste avec le printemps est saisissant. La CAQ comptait 79 députés à la dissolution de l’Assemblée nationale. Pourtant, elle n’a remporté aucun siège le 5 octobre. Malgré tout, elle a récolté 13,35 % des voix. Ce score honorable ne lui a donc offert aucune représentation. Cette chute spectaculaire fait de la CAQ une orpheline politique. Elle repart donc presque de zéro. Le bilan reste très lourd pour elle.
Une identité repeinte à chaque changement de chef
François Legault a fondé le parti en 2011. Dès 2012, la formation a ajouté le nom de son chef à son appellation. Elle utilisait alors « Coalition avenir Québec – L’équipe François Legault ». Ensuite, M. Legault a dirigé le parti jusqu’à avril dernier. Il avait annoncé sa démission dès janvier. Le nom du fondateur servait alors de marque de confiance. Cette logique personnalisait fortement l’image du parti.
En juillet, la CAQ a mis Christine Fréchette de l’avant. Le parti a adopté « Équipe Christine Fréchette – Coalition avenir Québec ». Selon Brigitte Legault, ce choix devait créer un changement d’air auprès de l’électorat. Toutefois, la stratégie n’a pas convaincu. Mme Fréchette a dirigé le parti près de six mois avant de démissionner. Elle a même perdu son siège. Cette personnalisation n’aura donc duré que quelques mois.
Mathieu Lévesque, favori pour l’intérim
Le comité exécutif se réunit samedi pour désigner un chef par intérim. Mathieu Lévesque apparaît comme le favori. Il quittera la semaine prochaine ses fonctions de ministre responsable de la Jeunesse. Interrogé mercredi, il s’est dit flatté que son nom circule. Par ailleurs, Brigitte Legault promet de dévoiler l’identité du chef lundi. Ce poste, par définition, reste temporaire. Il assure la continuité en attendant la suite.
La personne choisie organisera la prochaine course à la direction. Deux anciens ministres réfléchissent déjà à une candidature. Ian Lafrenière pourrait se lancer, tout comme Simon Jolin-Barrette. Le premier cédera bientôt ses titres de vice-premier ministre et de ministre de la Sécurité intérieure. Le second occupe les Affaires constitutionnelles et la Justice. Leur éventuelle candidature animera donc la course à venir. Elle promet une lutte ouverte pour le leadership.
Course contre la montre face au gouvernement minoritaire
Le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon dirigera un gouvernement minoritaire. Historiquement, une telle configuration dure entre 18 et 24 mois. Par conséquent, la CAQ doit choisir son chef rapidement. De nouvelles élections pourraient donc survenir plus tôt que prévu. Le parti ne dispose d’aucune marge pour tergiverser. Cette réalité pèse sur le calendrier du parti. Une direction stable devient donc urgente.
Entre-temps, le site du parti perd presque toute référence à Mme Fréchette. Seule une photo demeure en page d’accueil. Le logo change, et une section « Vos idées » recueille les commentaires. Reste à savoir si la CAQ modifiera sa signature après l’arrivée du chef.
Source Radio Canada









