Le nouveau test de français pour les futurs enseignants québécois n’est toujours pas prêt. Il devait pourtant arriver à la rentrée 2026. Selon le ministère de l’Éducation, un échéancier d’implantation précis sera établi en 2027. Cette attente suscite de l’impatience dans le milieu de l’éducation.
En effet, le Test de certification en français écrit pour l’enseignement, ou TECFÉE, date de plus de 15 ans. Sa réussite demeure obligatoire pour obtenir le brevet d’enseignement. Cette exigence touche tous les futurs enseignants de la province. Par ailleurs, Québec a confié sa révision à un groupe de travail en juin 2023.
Un examen critiqué depuis des années
Plusieurs étudiants jugent ce test inutile, car il repose sur la mémorisation. De plus, des acteurs universitaires ont contesté sa deuxième partie, consacrée au vocabulaire et aux expressions. Aussi, le taux de réussite recule depuis quelques années.
Une première expérimentation a eu lieu en novembre. Ensuite, une seconde mise à l’essai s’est déroulée ce printemps dans quatre universités. Toutefois, une section précise doit être améliorée. Elle sera testée de nouveau cet automne. Les travaux de validation se poursuivent, précise le ministère dans une réponse écrite.
Des étudiants impatients de passer le nouveau test
Maude Bouchard entame sa quatrième année en enseignement des mathématiques au secondaire, à l’Université Laval. Elle a passé le TECFÉE six fois avant de le réussir. Au printemps, elle a participé à la mise à l’essai de la nouvelle version.
Selon elle, ce test comprenait une production écrite et une correction de texte. Il lui a semblé plus facile, car il insiste moins sur les exceptions du français. En revanche, les universités ne veulent pas d’un examen moins exigeant.
Les universités maintiennent le niveau d’exigence
Anabelle Viau-Guay préside l’ADÉREQ et dirige la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval. Elle affirme que l’objectif n’est pas de faciliter l’épreuve. Le niveau de difficulté restera donc semblable.
Par contre, le test sera plus contextualisé. Ainsi, les candidats devront expliquer les fautes d’un texte, en plus de les repérer. Cette tâche vérifie une vraie compréhension de la langue plutôt qu’une simple mémoire.
Pas de logiciel de correction à l’écran
L’épreuve se fera à l’écran, mais Québec interdira tout logiciel de correction. Pourtant, le groupe d’experts le recommandait. Cette décision déçoit Priscilla Boyer, professeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières, qui a participé à ces travaux.
Elle s’interroge : « Pourquoi ne pas permettre l’utilisation des outils numériques ? » Selon les experts, cette ouverture aurait pu accompagner un seuil de réussite plus élevé. Ainsi, l’exigence serait restée comparable. Le ministère n’a toutefois pas retenu cette option proposée.
Une urgence selon la spécialiste
Priscilla Boyer presse Québec de mettre en place rapidement l’épreuve. Selon elle, la version actuelle du TECFÉE ne correspond plus à la réalité et pénalise certains étudiants, selon leur région d’origine. Les futurs enseignants mémorisent encore une liste presque infinie de mots, tandis que les années passent.







