À Waco, les militants républicains applaudissent Ken Paxton. Pourtant, leur enthousiasme cache des réserves visibles. Ainsi, la ferveur apparente masque un soutien fragile. Cette fracture apparaît dès l’ouverture, malgré les applaudissements. Le militant Tim Holtkamp reconnaît que Paxton incarne les valeurs conservatrices. Toutefois, il doute que le candidat soit « phénoménal ».
Par ailleurs, la Chambre texane a destitué Paxton de son poste de procureur général. Elle l’accusait de fraude et d’abus de confiance. Ensuite, le Sénat l’a acquitté. Enfin, Donald Trump a soutenu sa candidature lors de la primaire de mai. Ces épisodes pèsent encore sur son image auprès des électeurs.
Une base déçue par Donald Trump
Eddie Van Zandt craint la défaite de son candidat. Selon lui, la guerre en Iran fait grimper le prix du pétrole. De plus, cet employé du secteur énergétique se dit déçu. « J’ai voté pour Trump trois fois », confie-t-il. Il reproche aussi au président des promesses de campagne non tenues.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin
Ainsi, plus de la moitié des sympathisants ont quitté la salle après le discours. Ils ont renoncé aux photos avec Paxton. Cette scène illustre le malaise général au sein du parti. Pendant ce temps, les démocrates flairent l’occasion. Dès lors, le camp républicain peine à mobiliser ses propres troupes.
Talarico, le pari démocrate de 37 ans
À Austin, Beto O’Rourke attire une longue file d’étudiants. En 2018, il a perdu de moins de 3 points face à Ted Cruz. Aujourd’hui, il juge les conditions très favorables. Il dénonce « un candidat aussi corrompu et impopulaire ». Il estime pouvoir réaliser le rêve d’un Texas bleu cette fois.
Les démocrates misent sur James Talarico, élu de 37 ans qui étudie pour devenir pasteur. Son pasteur d’enfance, Jim Rigby, salue son message d’humanité. Ainsi, il estime que quelque chose renaît chez les fidèles. En outre, son église affiche son soutien aux migrants. Ce chrétien progressiste incarne ainsi une alternative inattendue aux yeux des démocrates.
Les Latinos et l’argent, deux clés du scrutin
Les Latinos représentent jusqu’à 41% de la population texane. Après leur vote massif pour Trump en 2024, ils reviennent vers les démocrates, selon les sondages. Le commerçant Victor Caballero se dit « floué ». En outre, les rafles de l’ICE font fuir la clientèle. Pour lui, l’immigration reste le thème le plus important.
Cependant, les républicains disposent d’un atout majeur : l’argent. Ils ont dépensé 127 millions de dollars américains en publicité, contre 65 millions côté démocrate. Le politologue Eric McDaniel rappelle que dépenser davantage améliore les chances de victoire. Néanmoins, cet avantage financier ne garantit pas la victoire. Donc, la bataille reste ouverte.
Un enjeu national jusqu’en 2028
Ce scrutin pourrait décider du contrôle du Sénat américain par les républicains ou non. Selon Beto O’Rourke, une victoire démocrate rendrait le Texas compétitif en 2028. Ainsi, cette élection dépasse largement les frontières de l’État texan. Elle redessine donc déjà les rapports de force entre les deux grands partis américains.






