La présidente de Santé Québec, Geneviève Biron, a reçu un rappel à l’ordre du gouvernement pendant la campagne électorale. Radio-Canada l’a appris auprès de sources. Elle avait écrit au chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, pour le rencontrer. Elle voulait corriger des faits erronés. Or, ce chef promet d’abolir la société d’État. Cette démarche a donc créé un malaise au gouvernement. Santé Québec existe officiellement depuis la fin de l’année 2024.
Le ministère du Conseil exécutif confirme son intervention de septembre. La secrétaire générale associée, Julie Gingras, a rencontré Mme Biron. Elle lui a rappelé les obligations des administrateurs publics. Ces règles protègent la confiance des citoyens dans l’impartialité de l’administration. Au Québec, les hauts fonctionnaires respectent un devoir de réserve. Ils demeurent donc impartiaux, quel que soit le parti au pouvoir. Cette exigence vaut aussi face aux déclarations des partis d’opposition.
Une campagne marquée par plusieurs malaises
Selon nos sources, cette lettre n’est pas la seule prise de position gênante. Fin août, Santé Québec a publié un communiqué avant l’annonce du chef du PQ. Ce communiqué vantait l’avancée de la reconstruction de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Paul St-Pierre Plamondon l’a mal accueilli. Il a même accusé Mme Biron d’un geste absolument politique. Par ailleurs, il espère économiser de 40 à 100 millions de dollars par année grâce à cette abolition.
Ce chef souhaite aussi réduire la bureaucratie et éliminer les dédoublements avec le ministère de la Santé. Il veut réinvestir ces économies dans les soins directs à la population. De son côté, la ministre sortante, Sonia Bélanger, a défendu Santé. Elle a cité la baisse des listes d’attente. Elle a aussi appelé la présidente à la prudence pendant la campagne. Selon elle, la gestion ne doit pas entrer dans le politique.
Le rapport Deloitte et les critiques du PQ
Le 23 septembre, le matin du débat des chefs, La Presse a publié un rapport de Deloitte. Santé Québec avait commandé ce document. Il ne devait paraître qu’après la campagne. Il évoque 1,9 milliard de dollars de coûts évités dans le réseau. Ensuite, des membres du gouvernement ont partagé la nouvelle en ligne. Ils voulaient défendre Santé Québec et critiquer la proposition du PQ. Ce rapport tombait donc à point nommé.
Paul St-Pierre Plamondon a contesté l’indépendance de ce rapport. Selon lui, Santé Québec a payé une étude d’autopromotion avec des fonds publics. Par ailleurs, le contrat de gré à gré de 80 000 dollars date du 10 août. Santé Québec avait d’abord évoqué juillet. Santé Québec précise que sa vice-présidente Finances n’a pas participé à ces processus. Deloitte produit aussi ses états financiers depuis mars 2026. Ces faits nourrissent donc les doutes.
Santé Québec défend sa neutralité
Santé Québec affirme que la neutralité politique figure dans son Code d’éthique. Sa directrice de l’éthique, Sana Haidara, assure que l’organisation a rappelé ces obligations. Pourtant, Mme Biron a sollicité une nouvelle rencontre avec le chef du PQ. Ce parti s’apprête à prendre le pouvoir.









