Le Parti québécois (PQ) de Paul St-Pierre Plamondon formera le prochain gouvernement du Québec. Toutefois, il sera minoritaire à l’Assemblée nationale. Lundi soir, la formation a fait élire 59 députés. Elle devance ainsi nettement ses principaux adversaires.
Par Roland Olouba Oyabi
Le Parti libéral du Québec (PLQ) obtient 40 sièges, contre 19 pour le Parti conservateur du Québec (PCQ). Québec solidaire (QS) en décroche 9. Enfin, la Coalition avenir Québec (CAQ) n’en conserve aucun.
Un gouvernement élu avec moins de 30 % des voix
La 44e législature comptera 127 élus. Ainsi, il fallait un minimum de 64 sièges pour gouverner seul. Le PQ en compte cinq de moins. Il devra donc composer avec l’opposition à chaque vote.
Les péquistes accèdent au pouvoir avec 28,0 % des voix exprimées. Le PLQ recueille 24,2 %, le PCQ 20,7 %, la CAQ 13,3 % et QS 12,4 %. C’est la première fois qu’un parti gouverne avec un score aussi faible. Le plancher précédent remontait à 2012, avec Pauline Marois et 31,9 %.
Paul St-Pierre Plamondon, premier ministre désigné à 49 ans
Paul St-Pierre Plamondon devient premier ministre désigné à 49 ans. Pourtant, son parti n’avait fait élire que 3 députés sur 125 en 2022. Le chemin parcouru en quatre ans est donc considérable. Il prend désormais les rênes du Québec.
Lors de son discours de victoire, il a parlé pendant 20 minutes devant ses militants. Ceux-ci se tenaient à l’Espace Saint-Denis, à Montréal. Il a tendu la main aux trois autres partis représentés. Il promet d’être le premier ministre de tous les Québécois.
Une mise à jour économique et un référendum en vue
Par ailleurs, le chef péquiste a confirmé une mise à jour économique cet automne. Elle visera notamment à agir sur l’itinérance. Ensuite, il a réitéré sa volonté de tenir un référendum sur la souveraineté. Il compte sur le concours d’autres députés indépendantistes.
Il dit vouloir « continuer à rêver et à visualiser le pays ». Pourtant, avant la campagne, il avait promis d’attendre le départ de Donald Trump. Or, il reste trois ans au président américain. Cette échéance paraît donc lointaine.
Un gouvernement minoritaire qui devra négocier à la pièce
Or, un gouvernement minoritaire ne dure d’ordinaire pas plus de 18 mois. Le calendrier référendaire semble donc difficile à tenir. De plus, le PQ devra idéalement durer plus longtemps. Sa survie dépendra de l’opposition.
On ne s’attend pas à une alliance avec un autre parti. Le PQ négociera plutôt chacun de ses projets de loi avec l’opposition. Il aura l’embarras du choix. Le PLQ, le PCQ et QS disposent tous d’assez de députés pour jouer ce rôle.
Une opposition solide et un PCQ historique
Les élections ont aussi contenté libéraux, conservateurs et solidaires. Chacun forme désormais un groupe d’opposition substantiel. Le scrutin est même historique pour le PCQ. Il entre à l’Assemblée nationale par la grande porte.
Jusqu’ici, ce parti n’avait débauché que deux députées indépendantes, Claire Samson et Maïté Blanchette Vézina. Son chef, Éric Duhaime, a gagné dans Bellechasse. Charles Milliard dirigera l’opposition officielle comme député d’Orford. Enfin, Ruba Ghazal mènera QS, troisième groupe d’opposition.
La CAQ rayée de la carte

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
La CAQ de Christine Fréchette a payé le prix fort. Le PQ, le PLQ et le PCQ ont réalisé l’essentiel de leurs gains à ses dépens. Il y a quatre ans, elle avait remporté 90 sièges sous François Legault. Aujourd’hui, elle n’en garde aucun.
Mme Fréchette a perdu dans Trois-Rivières, comme tous ses ministres, dont Donald Martel, Mathieu Lévesque et Samuel Poulin. Elle a pris l’entière responsabilité des résultats, sans démissionner. Il est donc trop tôt pour connaître son avenir. Le parti avait pourtant changé de nom cet été.
Carney salue la victoire, la participation grimpe à 66,90 %
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a félicité Paul St-Pierre Plamondon sur X. Il se dit prêt à soutenir les entreprises et les travailleurs « touchés par les droits de douane ». Il veut aussi « lutter contre l’itinérance » et construire plus de logements.
Il a aussi remercié Christine Fréchette : « Nous avons accompli beaucoup de choses ensemble ». Il ajoute : « Je vous souhaite la meilleure des chances dans vos projets futurs ». Par ailleurs, la participation atteint 66,90 %, contre 66,15 % en 2022 et 66,45 % en 2018.
Une Assemblée nationale largement renouvelée
Selon Radio-Canada, seuls 28 députés retrouvent leur siège, dont 17 libéraux. L’Assemblée nationale accueillera donc 99 nouveaux parlementaires cet automne. Par ailleurs, une nouvelle carte électorale porte le nombre de circonscriptions de 125 à 127. Bellefeuille et Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie sont les deux nouveaux comtés.
Les prochaines semaines verront des dépouillements judiciaires. Dans Vachon, le PLQ l’a emporté par 14 voix devant le PQ. Dans Saint-Henri–Sainte-Anne, il devance QS de 39 voix. Ensuite viendront l’assermentation des élus et la formation du Conseil des ministres.
Rendez-vous le 17 novembre à l’Assemblée nationale
La 44e législature s’ouvrira le 17 novembre avec le discours d’ouverture du premier ministre. Le Salon bleu, rénové, rouvrira alors après deux ans de travaux. Les banquettes prendront ainsi la forme d’un fer à cheval. Paul St-Pierre Plamondon a déjà écarté la lieutenante-gouverneure Manon Jeannotte.
Source Radio Canada









