La Banque africaine de développement (BAD) a publié son rapport-pays 2026 consacré au Gabon. Il s’intitule « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement du Gabon dans un monde fragmenté ». Il dresse un état des lieux détaillé de la trajectoire macroéconomique du pays. Ensuite, il évalue les besoins de financement du pays. Enfin, il identifie les leviers stratégiques pour accélérer la transformation structurelle de l’économie. Ce travail éclaire ainsi les choix économiques futurs.
Un point retient particulièrement l’attention des observateurs depuis la publication. Des ressortissants étrangers tiennent plus de 80 % des micro-entreprises du secteur informel. Ce pourcentage surprend d’autant plus que ce secteur pèse lourd dans l’économie. Il représente 49,1 % du PIB gabonais, selon le rapport. C’est le niveau le plus élevé d’Afrique centrale. Il compte aussi parmi les plus importants du continent. Ces chiffres posent donc une question de fond sur la structure de l’économie nationale.
Des réseaux communautaires face à une formalisation coûteuse
Ces ressortissants s’appuient sur des réseaux communautaires solides, selon le rapport. Ils opèrent dans le commerce de proximité, les transports et l’artisanat. Par ailleurs, ils contournent le coût élevé de la formalisation. Ce modèle éclaire leur forte présence sur le terrain gabonais. Cependant, cette omniprésence pèse sur le tissu économique structuré du pays. Les entreprises déclarées supportent des charges que les acteurs informels évitent. Le rapport souligne ainsi un déséquilibre entre secteur formel et secteur informel.
La concurrence déloyale inquiète les acteurs de l’économie formelle. Selon la BAD, « Près de 63,2 % des PME formelles dénoncent une concurrence déloyale ». Ce chiffre traduit un malaise réel dans le tissu productif. En outre, il rappelle que la formalisation a un coût. Les petites entreprises déclarées doivent donc composer avec des rivaux moins contraints. Par conséquent, le débat sur la formalisation s’impose dans l’agenda économique. Les autorités devront ainsi concilier inclusion sociale et équité économique.
Une reprise modérée attendue en 2026 et 2027
Le rapport évoque aussi les perspectives pour 2026 et 2027. D’après ces données, « une reprise modérée est projetée à 3,0 % en 2026 et 3,1 % en 2027 ». Cette projection suggère une croissance stable, mais sans emballement. De plus, la BAD identifie deux moteurs de cette dynamique. Il s’agit des investissements publics et du secteur agricole hors pétrole. Ces deux piliers devraient donc soutenir l’activité. Le Gabon reste ainsi sur une pente de croissance positive.
Les investissements publics occupent une place centrale dans ces prévisions. Le rapport annonce une hausse de 485 % dans le BTP et les infrastructures en 2026. Ce chiffre spectaculaire mérite néanmoins une lecture prudente. En effet, un tel bond appelle une vérification des données. Les chantiers d’infrastructures peuvent stimuler l’emploi et la production. Par ailleurs, le secteur agricole hors pétrole offre un relais de croissance durable. Il reste à transformer ces annonces en résultats concrets.
Un défi pour la transformation structurelle de l’économie
Ces données dessinent un tableau contrasté de l’économie gabonaise. D’un côté, la croissance reprend à un rythme modéré en 2026. De l’autre, l’informel pèse sur les entreprises déclarées. Ainsi, le rapport de la BAD identifie des leviers pour financer le développement. Mobiliser des ressources à grande échelle suppose un secteur formel plus solide. Par conséquent, élargir la base économique devient une priorité pour le pays. Cette ambition touche aussi les emplois, les recettes et la cohésion.
Pour les observateurs, le point le plus marquant demeure la place des ressortissants étrangers. Plus de 80 % des micro-entreprises informelles leur appartiennent, selon la BAD. Pourtant, ce secteur pèse 49,1 % du PIB gabonais. Les décideurs doivent donc trouver un équilibre. Il faudra intégrer ces acteurs sans pénaliser les entreprises formelles. Enfin, la réussite de cette stratégie dépendra de mesures concrètes et d’un suivi rigoureux. Le débat sur la formalisation ne fait que commencer.
Ce qu’il faut retenir
Le rapport 2026 de la BAD révèle un double visage de l’économie gabonaise. D’une part, une reprise modérée de 3,0 % en 2026 se dessine. D’autre part, les étrangers dirigent plus de 80 % des micro-entreprises informelles. Finalement, formaliser sans exclure reste le défi majeur.






