Deux jours avant l’échec des négociations commerciales, JD Vance a tenu des propos surprenants. Le vice-président américain a qualifié le premier ministre canadien Mark Carney de « type sympathique ». Il aurait ensuite raillé son approche, la jugeant « hilarante », selon un enregistrement de Canadian Press. Or, selon lui, les Canadiens finissent toujours par céder sur plusieurs dossiers. Ces propos ont eu un fort retentissement au Canada ces derniers jours. Ce climat tendu a pesé sur le départ précipité des diplomates canadiens. Carney a donc décidé de mettre fin aux négociations commerciales en cours. Cette rupture déclenche une nouvelle vague de droits de douane entre voisins. Leurs échanges bilatéraux annuels dépassent pourtant 872 milliards de dollars américains. Ces tensions illustrent la stratégie de force du gouvernement Trump. Elle vise autant les alliés de Washington que ses adversaires. Si Trump espérait un recul canadien, il se trompe peut-être cette fois. Ces conséquences pourraient d’ailleurs perdurer jusqu’à la fin de son mandat.
Ces tensions remontent au premier mandat de Trump et à la négociation du T-MEC. Des frictions personnelles étaient apparues avec l’ex-premier ministre Justin Trudeau. Trump avait qualifié le Canada de « 51e État » potentiel, dans une vision hémisphérique de la puissance américaine. Washington estimait le Canada trop peu impliqué dans la défense régionale. Le Canada et le Mexique sont donc devenus des cibles évidentes. Début 2026, Trump s’était pourtant tourné vers le Venezuela, puis le Moyen-Orient. L’axe de sa stratégie internationale, lui, n’a jamais changé.
Ce pouvoir présidentiel, cependant, n’est pas illimité selon plusieurs analystes. Plusieurs événements ont testé ces limites durant ce second mandat. L’Iran et le Canada partagent d’ailleurs une même capacité de riposte asymétrique. Téhéran peut perturber le commerce mondial via le détroit d’Ormuz. Ottawa teste désormais sa propre capacité à infliger des dommages économiques. Des restrictions sur l’énergie et les minerais sont envisagées. Des boycotts de consommateurs contre les produits américains restent aussi possibles. Trump accuse régulièrement le Canada d’« arnaquer » les États-Unis. Le premier ministre ontarien Doug Ford lui a répondu très sèchement. Éloigner ses alliés pourrait néanmoins pousser ceux-ci vers de nouvelles alliances.
Un dilemme pour Carney et le Canada
Une marge de manœuvre subsiste pour apaiser la situation. Les nouveaux droits canadiens entreront en vigueur dans deux semaines seulement. La riposte américaine la plus lourde, elle, n’interviendra qu’en 2027. Un tel délai pourrait donc permettre une reprise des discussions. D’ailleurs, des progrès semblaient déjà se dessiner vendredi soir dernier. Les élections de mi-mandat de novembre restent un facteur déterminant. Une victoire démocrate limiterait l’autorité de Trump sur ce dossier. Ottawa mise justement sur ce scénario pour infléchir la position américaine. Carney disposerait ainsi d’une réelle marge pour négocier un accord favorable. Il a néanmoins déjà évoqué un éloignement durable vis-à-vis des États-Unis. Le Canada pourrait ainsi creuser l’écart avec son voisin du sud. Contrairement au Mexique, qui choisit une intégration économique plus étroite. D’autres alliés, en Europe et en Asie, observent ce bras de fer. Ils y voient un modèle possible pour leurs propres relations avec Washington.









