États-Unis : Trump réclame 5 milliards de dollars à un think tanknald Trump ouvre un nouveau front contre ses détracteurs. Cette fois, sa cible est le Center for American Progress. Ce think tank progressiste avait publié un rapport critique en juillet. Résultat : le président réclame désormais 5 milliards de dollars.
Le document contesté remet en cause l’efficacité présidentielle. Il porte sur les déploiements de la Garde nationale. Selon les auteurs, aucune preuve ne relie ces troupes à la baisse de criminalité. L’étude analyse Washington, Los Angeles et Memphis. La période couverte s’étend de janvier 2023 à février 2026.
Par ailleurs, le rapport chiffre le coût de ces opérations. Il atteindrait 1,7 milliard de dollars d’ici fin d’année. Ce montant, jugé excessif, alimente la controverse actuelle.
Une lettre de menace signée par l’avocat présidentiel
Lundi, l’avocat personnel de Trump a agi. Alejandro Brito a adressé une lettre à Neera Tanden. Cette dernière préside le CAP et fut conseillère de Joe Biden. La lettre exige trois choses précises. D’abord, le retrait immédiat du rapport. Ensuite, des excuses publiques formelles. Enfin, une compensation financière conséquente.
À défaut d’accord, la justice sera saisie rapidement. Ainsi, la pression judiciaire remplace le débat d’idées.
Le think tank refuse de céder
Face à cette menace, Neera Tanden maintient sa position. Elle défend une analyse rigoureuse et documentée. Selon elle, cette procédure vise à museler la critique. Son avocat, Kevin Metz, a répondu vendredi fermement. Pour lui, « la vérité ne peut pas être diffamatoire ». Le CAP se dit prêt à affronter les tribunaux.
Un climat de tensions institutionnelles croissantes
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large. Depuis son retour, Trump multiplie les procédures judiciaires. Médias, universités et cabinets d’avocats sont visés. Début août, Reuters dressait un bilan alarmant. 75 décisions fédérales ont conclu à des atteintes au premier amendement.
Un autre épisode illustre cette tendance inquiétante. Vendredi 21 août, trois journalistes ont été limogés. Ils travaillaient pour Stars and Stripes, journal militaire indépendant. Erik Slavin, Max Lederer et Lara Korte ont reçu leur avis. Slavin évoque une sanction liée à son insubordination. Il avait pourtant simplement défendu une ligne rouge éditoriale.
Des critiques venues de tous bords politiques
Ces licenciements suivent des articles sensibles sur l’USS Abraham Lincoln. Le déploiement prolongé du navire posait déjà question. Max Lederer avait d’ailleurs annoncé son départ prochain. Ses désaccords avec le Pentagone semblaient irréconciliables.
Face à ces pressions répétées, des voix s’élèvent. Étonnamment, elles dépassent le seul camp progressiste. Peter Goettler, du Cato Institute libertarien, s’inquiète également. Selon lui, les désaccords politiques exigent débat, non intimidation. Il l’a d’ailleurs affirmé directement au New York Times.
Ainsi, cette séquence interroge l’équilibre démocratique américain. La liberté de critiquer le pouvoir semble fragilisée. Reste à savoir jusqu’où ira cette pression institutionnelle.









