Libreville, Jeudi 9 Juillet 2026 – Les femmes prennent désormais la parole au cœur des parlements francophones. À Yaoundé, un signal fort vient d’être envoyé à toute la Francophonie politique.
Par le journaliste Roland Olouba Oyabi
La 51e session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie s’est ouverte cette semaine au Cameroun. Avant les grands débats institutionnels, le Réseau des femmes parlementaires a pris l’initiative. Il a choisi d’ouvrir les travaux par une réflexion approfondie. Cette réflexion porte sur la représentation politique féminine. Elle aborde également la lutte contre les discriminations persistantes. Or, moins de trente pour cent des parlementaires sont des femmes dans le monde. Ce chiffre, révélé par l’Union interparlementaire, dépasse largement le simple cadre protocolaire. Ainsi, Yaoundé s’impose comme un véritable laboratoire des mutations démocratiques francophones actuelles.
Des inégalités encore bien réelles
Les échanges ont mis en lumière des déséquilibres tenaces. Les violences visant les femmes engagées en politique inquiètent particulièrement les participantes. Par ailleurs, les obstacles économiques freinent encore de nombreuses candidatures féminines. Le Rwanda demeure toutefois une référence mondiale saluée. Plus de soixante pour cent de son Parlement est composé de femmes. En revanche, plusieurs États francophones africains restent très éloignés de ce standard, malgré des quotas progressifs. Dès lors, l’écart entre discours et pratique demeure préoccupant pour de nombreux observateurs de la Francophonie politique.
L’égalité, un levier économique autant que social
Une représentation équilibrée ne relève pas uniquement de la justice sociale. En effet, plusieurs études internationales confirment son impact économique direct. Les politiques publiques gagnent en qualité lorsque les femmes participent aux décisions. De plus, les inégalités sociales reculent dans ces contextes plus inclusifs. Par conséquent, l’argument économique renforce désormais un plaidoyer déjà porté par la justice sociale.
Une résolution attendue en plénière
Le point culminant reste l’examen du projet de résolution. de cette Francophonie politique. Ce texte sera présenté à la séance plénière de l’APF. Certes, ces résolutions n’ont pas de portée contraignante comme les traités. Néanmoins, elles influencent souvent durablement les réformes menées au niveau national. Les débats, techniques mais constructifs, visent surtout un large consensus final. Notamment, plusieurs délégations souhaitent un texte applicable dans des contextes politiques très variés.
Le Gabon veut peser sur les orientations futures
La délégation gabonaise s’est nettement distinguée durant ces échanges. Elle a proposé plusieurs amendements pour renforcer la résolution finale. Ainsi, Libreville confirme son ambition de peser dans les débats internationaux. Ce geste s’inscrit dans un contexte national marqué par de vastes réformes institutionnelles engagées depuis la transition politique gabonaise. Désormais, le vrai défi consiste à traduire ces engagements en actes concrets et durables. Car aucune démocratie ne peut se dire pleinement accomplie. Une moitié entière de sa population resterait alors à l’écart des grandes décisions collectives. Enfin, cette dynamique impose aux institutions gabonaises un effort constant de transparence, de rigueur et d’inclusion durable.







