Le rideau tombe brutalement sur deux belles épopées africaines. Mercredi, le Congo a cédé face à l’Angleterre. Harry Kane a inscrit un doublé salvateur en seconde période. Menés au score, les Three Lions ont renversé la vapeur, 2-1. Cette qualification arrachée offre à l’Angleterre un choc attendu contre le Mexique, pays co-organisateur du tournoi. Par ailleurs, le Sénégal a vécu un naufrage tout aussi cruel face à la Belgique. Deux nations africaines quittent ainsi la compétition la même soirée, dans une douleur commune.
Par le journaliste Roland Olouba Oyabi
Pendant 85 minutes, les Lions de la Teranga ont dompté leurs adversaires belges. Ils menaient logiquement de deux buts, solides et sereins. La qualification semblait acquise, presque scellée dans le marbre. Toutefois, en cinq minutes seulement, l’édifice sénégalais s’est écroulé comme un château de sable. Romelu Lukaku a d’abord réduit l’écart d’une frappe précise. Ensuite, Youri Tielemans a égalisé dans le temps réglementaire. Enfin, ce même Tielemans a transformé un penalty décisif en prolongation. Score final : 3-2 pour les Diables Rouges, au terme d’un scénario cruel. Le stade est resté figé, silencieux, presque incrédule face à ce retournement.
Des joueurs meurtris mais lucides face à l’échec
« Nous étions sur le point d’écrire de belles pages », a confié le défenseur Krépin Diatta. Néanmoins, il reconnaît que la mission a échoué ce soir-là. De son côté, Habib Diarra exprime une déception amère et sincère. « Nous sommes anéantis », lâche-t-il, la voix nouée par l’émotion. Selon lui, une bonne première période ne suffit jamais sur 90 minutes. Ainsi, l’équipe reconnaît collectivement ses propres responsabilités dans cette désillusion. Ces mots, lourds de regrets, résument tout un match manqué au pire moment.
Un parcours honorable jusqu’à la chute finale
Le Sénégal s’était hissé en huitièmes grâce à son statut de meilleur troisième. Auparavant, l’équipe avait chuté face à la France et à la Norvège. Elle avait toutefois dominé l’Irak avec une belle autorité collective. De plus, les Lions avaient survécu à l’un des groupes les plus corsés du tournoi. Face à la Belgique, ils ont longtemps semblé imbattables, presque intouchables durant cette rencontre. Mais le football, cette discipline reine de l’incertitude, n’épargne jamais personne bien longtemps.
L’Afrique conserve malgré tout une vitrine solide
Le Maroc demeure ainsi la lumière africaine de ce Mondial 2026. Il avait validé son ticket dès lundi, aux tirs au but, face aux Pays-Bas. Le continent comptait neuf représentants dans cette phase à élimination directe, un record notable. Diatta salue par ailleurs la remontée belge avec une honnêteté rare et touchante. « Nous devions tout donner et ne leur laisser aucune chance », regrette-t-il amèrement. Cette désillusion nourrira certainement, à terme, une revanche future pour tout un continent debout. Congo et Sénégal repartent donc la tête haute, malgré la blessure vive. Le Mondial continue sans eux, mais leur combativité restera gravée dans les mémoires. D’autres nations africaines tenteront bientôt de franchir ce même mur des huitièmes.









