Dans la nuit du 24 au 25 juin 2025, deux séismes puissants ont secoué le Venezuela. Officiellement, le bilan dépasse déjà 160 morts selon la vice-présidente Delcy Rodriguez. Cependant, les secours fouillent encore les décombres autour de l’épicentre. Celui-ci se situe à 170 km à l’ouest de Caracas. Selon l’USGS, le bilan final pourrait atteindre entre 10 000 et 100 000 victimes.
Deux secousses majeures en moins d’une minute
Ce qui rend cet événement exceptionnel, c’est sa nature double et rapide. Un premier séisme de magnitude 7,2 a précédé une secousse de magnitude 7,5. Entre les deux, seulement 40 secondes se sont écoulées. De ce fait, les habitants ont cru vivre un seul tremblement de terre très long. Par ailleurs, les deux épicentres se trouvaient à seulement 45 km l’un de l’autre. Ainsi, l’impact combiné a été considérablement plus destructeur.
Le phénomène rare des séismes dits « doublets »
Selon le sismologue Piero Poli, de l’université de Padoue, ce scénario ressemble à des « doublets ». Autrement dit, deux séismes de magnitude proche surviennent dans un laps de temps très court. Toutefois, ce phénomène reste relativement peu fréquent dans l’histoire sismique mondiale. À titre de comparaison, des doublets similaires ont frappé les îles Sandwich en 2021. De même, la Turquie a subi deux séismes meurtriers à quelques heures d’intervalle en 2023. Néanmoins, la situation vénézuélienne présente une particularité notable : les deux secousses semblent venir d’une seule faille.
Une faille commune entre deux plaques tectoniques
En effet, les deux séismes paraissent liés à la frontière entre la plaque caribéenne et la plaque sud-américaine. Pourtant, cette zone n’est pas la plus active sismiquement au monde. D’après Thomas Lecocq, de l’Observatoire royal de Belgique, un doublet classique implique deux failles distinctes. Or, partager une même structure faillée change l’interprétation scientifique du phénomène. C’est pourquoi certains experts préfèrent parler d’un « événement déclencheur » suivi d’une secousse principale.
Des répliques dangereuses attendues pendant des mois
En outre, un séisme de magnitude 7,5 libère trois fois plus d’énergie qu’un séisme de 7,2. Par conséquent, les deux secousses combinées ont provoqué des vibrations prolongées sur les bâtiments. De plus, le terrain montagneux de la région a multiplié les risques de glissements de terrain. D’après l’USGS, des dizaines, voire des centaines de répliques surviendront dans les prochains mois. Qui plus est, le risque d’une nouvelle secousse de magnitude 6 ou plus dépasse 50 % sur un an. En définitive, les équipes de secours doivent intervenir sous une menace sismique persistante et réelle.









