Après 13 ans de présence ininterrompue, Turkish Airlines suspend ses vols sur le Gabon à compter du 15 juin 2026. La compagnie turque, seule à assurer une liaison directe entre Istanbul et Libreville, invoque des surcoûts aéroportuaires et une rentabilité insuffisante. Un départ qui fragilise le désenclavement aérien du pays.
Par le journaliste Roland Olouba Oyabi
Treize ans de présence, une rupture brutale
Le 1er février 2013, Turkish Airlines effectuait son premier vol inaugural à destination de Libreville, faisant de la capitale gabonaise sa 34e destination africaine. En treize ans, la compagnie s’est imposée comme un acteur incontournable du transport aérien au Gabon, proposant la seule liaison directe — ou avec une courte escale technique — entre l’Aéroport International Sultan Ahmed El Mansour de N’Djili et l’Aéroport International Léon Mba (LBV). Ce chapitre prend fin le 15 juin 2026.
Surtaxes et coût du carburant : les raisons officieuses du retrait
Si aucun communiqué officiel n’a encore été publié par la compagnie, des sources concordantes issues des milieux aéronautiques national et international pointent deux facteurs principaux. D’un côté, la perte d’attractivité de l’Aéroport de Libreville (ADL), plombée par des surtaxes jugées dissuasives. De l’autre, le coût excessivement élevé du carburant sur place, qui érode les marges de la compagnie sur cette route. Le dernier vol est programmé le 6 juin 2026 sur la liaison Istanbul-Libreville via Pointe-Noire.
À retenir
Le dernier vol Istanbul-Libreville est fixé au 6 juin 2026. La suspension officielle prend effet le 15 juin 2026. D’autres capitales africaines seraient également visées par ce recentrage stratégique.
Un recentrage stratégique qui dépasse le Gabon
Le cas gabonais ne serait pas isolé. Selon les mêmes sources, plusieurs autres capitales africaines seraient concernées par ce mouvement de rationalisation du réseau long-courrier de Turkish Airlines. La compagnie, confrontée à une concurrence accrue et à une révision de ses priorités commerciales, procède à une refonte de ses liaisons africaines, arbitrant en faveur des marchés à plus fort volume ou à meilleure rentabilité.
Quelles alternatives pour les voyageurs gabonais ?
Le départ de Turkish Airlines laisse un vide difficile à combler à court terme. Aucune autre compagnie ne propose aujourd’hui de vol direct entre Libreville et Istanbul. Les voyageurs devront désormais multiplier les correspondances, allongeant considérablement les temps de trajet vers la Turquie et, au-delà, vers de nombreuses destinations en Asie centrale et au Moyen-Orient. La question d’une alternative crédible reste, pour l’heure, sans réponse officielle des autorités gabonaises.










