Une société minière canadienne Newfoundland Discovery Corp vient de sécuriser un vaste projet aurifère en Angola. L’accord, annoncé récemment, concerne une zone de 786 kilomètres carrés à Ganda, dans la province de Benguela. Il pourrait aussi ouvrir la voie à l’exploration de terres rares, une ressource stratégique très convoitée. Concrètement, cette opération illustre l’appétit croissant des investisseurs étrangers pour le sous-sol angolais.
Newfoundland Discovery Corp (Newd), cotée à la Bourse canadienne, a signé un accord définitif. Elle vise à acquérir 100 % d’Orenoxe Holdings. Cette dernière détient un droit d’acquisition progressive sur Goldango Mineração. Ainsi, Newd pourrait monter jusqu’à 70 %, voire 90 % à terme. Ce mécanisme permet une prise de contrôle par étapes. Par conséquent, le risque financier initial reste limité pour l’acquéreur. Concrètement, chaque palier de participation dépendra des résultats obtenus sur le terrain. Cette approche prudente rassure également les actionnaires de la société canadienne.
Un potentiel géologique déjà validé sur le terrain
Le président de Newd, Jeremy Prinsen, se montre enthousiaste. Selon lui, la zone présente un fort potentiel en or, terres rares et cuivre. Des levés magnétiques aéroportés ont déjà confirmé ces indices. De plus, des vérifications de terrain ont été menées. Il évoque également l’exemple du projet Pensana, à Longonjo, qui vise une production annuelle de 56 000 tonnes de terres rares NdPr. Ainsi, l’Angola démontre sa capacité à délivrer des permis miniers. Enfin, des mineurs artisanaux exploitaient déjà informellement la zone depuis plusieurs années.
Goldango, une structure locale angolaise
Goldango, enregistrée en 2021 à Luanda, détient la concession originelle. Trois associés angolais se partagent son capital. José Manuel de Castro en détient la moitié. António Figueiredo Loureiro et Augusto Bicho Loureiro possèdent chacun un quart. Par ailleurs, le site bénéficie d’un accès ferroviaire stratégique. La ligne de Benguela relie la zone au port atlantique de Lobito. Cette infrastructure facilite grandement l’acheminement futur des minerais extraits vers l’exportation.
Un secteur minier en pleine diversification économique
L’Angola cherche à réduire sa dépendance au pétrole. Actuellement, l’extraction minière hors hydrocarbures pèse environ 2,3 % du PIB national. Toutefois, ce chiffre pourrait grimper avec l’essor des terres rares. Les exportations angolaises ont atteint 36,9 milliards de dollars en 2023. Le pays reste également un acteur majeur du diamant mondial, avec 8 % de la production globale. Dès lors, chaque nouveau projet minier renforce cette dynamique de diversification. Néanmoins, les autorités devront veiller à un développement local durable et équilibré.
Prochaines étapes du projet Ganda
Une fois la transaction finalisée, Newfoundland Discovery Corp lancera une exploration initiale de deux mois. Cette phase nécessite le règlement de frais d’exploitation en dollars américains. En cas de retard, l’entreprise perdrait sa participation acquise. Une demande de conversion du permis a par ailleurs été déposée auprès de l’ANRM. Cette procédure s’inscrit dans une tendance régionale plus large. En définitive, Ganda symbolise l’attrait croissant du centre-sud angolais pour les investisseurs étrangers. Les prochains mois s’annoncent donc décisifs pour l’avenir de ce gisement prometteur. En somme, Benguela pourrait bientôt devenir une référence minière en Afrique australe.









