Le chargé de cours devient ministre. Dieudonné Ella Oyono quitte l’amphithéâtre de l’UQAM pour le cabinet québécois. Il pilote désormais les Relations internationales, la Francophonie et le Commerce extérieur. De plus, il supervise la région de Laval. Ce virage ressemble à un fleuve qui change de lit. Pourtant, son courant reste le même : l’économie. Désormais, ses cours deviennent des décisions. Le Département des sciences économiques perd un professeur, mais l’État gagne un stratège.
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Les électeurs des Plaines l’ont élu le 5 octobre. Depuis 2024, il dirigeait le développement économique de Montréal. Auparavant, il a gravi plusieurs échelons à la Ville et au gouvernement québécois. Il fut notamment directeur adjoint au ministère de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations. Cette trajectoire lui offre une vue complète, du guichet municipal jusqu’au bureau ministériel. Ainsi, son carnet d’adresses compte autant de bureaux que de salles de cours.
Une promesse de dignité pour Les Plaines

Devant ses électeurs, il a juré de « servir Les Plaines avec dignité et honneur ». Cette phrase sonne comme une ancre jetée dans un port agité. Par ailleurs, la région cherche de nouveaux leviers de croissance. Concrètement, les habitants attendent des emplois, des investissements et des résultats concrets. Son diplôme d’études approfondies en sciences économiques, obtenu à l’Université Omar Bongo, nourrit sa méthode. Enfin, vingt ans d’enseignement à l’UQAM ont forgé sa patience.
Le nouveau ministre incarne un profil rare : celui d’un technicien du développement. Il connaît les rouages municipaux comme un horloger connaît ses engrenages. En outre, il maîtrise les politiques publiques et les dynamiques entrepreneuriales. Ce mariage du terrain et de la théorie rassure donc les milieux d’affaires québécois. D’ailleurs, sa victoire n’est pas isolée. En effet, une vingtaine d’universitaires siègent désormais à l’Assemblée nationale, comme si les campus déménageaient au Parlement québécois.
Un échiquier mondial sous haute tension

Le contexte ne lui laisse aucun répit. La guerre économique menée par les États-Unis contre le Canada fragilise les exportateurs québécois. Par conséquent, il doit dénicher de nouveaux partenaires hors d’Amérique du Nord. Chaque porte qui claque l’oblige à en ouvrir une autre. Les marchés lointains deviennent alors une bouée de sauvetage. Sa mission ressemble à celle d’un capitaine en quête de vents nouveaux. Heureusement, l’économiste connaît la carte par cœur.
Originaire du Gabon, il regarde naturellement vers l’Afrique centrale. Cette zone attire pourtant tous les appétits : Chine, Europe, États-Unis, Russie, Émirats et Turquie. Chacun y avance ses pions comme sur un damier. Aujourd’hui, la part du Canada reste modeste. Néanmoins, le ministre peut transformer ce handicap en occasion. D’abord, il doit négocier avec méthode. Ensuite, il lui faut convaincre avec constance. Le pari reste audacieux, mais il demeure parfaitement réalisable.
Francophonie, l’atout trop discret du Québec
Certes, le Québec séduit par son immigration, rarement par son économie. Dieudonné Ella Oyono tient là sa partition. Il tissera des liens avec l’Afrique francophone et l’Europe. Ainsi, le professeur transformera la théorie en actes, sur un terrain bien plus vaste que l’Amérique du Nord.







