Le deuxième budget de François-Philippe Champagne place culture et information parmi les priorités fédérales. Ottawa présente le soutien aux médias comme un enjeu de souveraineté. Elle concerne la capacité du Canada à raconter ses réalités. Face aux plateformes, le gouvernement veut consolider une production nationale.
Trois leviers structurent cette stratégie. Le budget prévoit 300 millions sur deux ans pour CBC/Radio-Canada. Il réserve 134 millions sur quatre ans à l’Initiative de journalisme local. Ottawa élargit aussi le crédit d’impôt. Son effet sur le pluralisme reste à démontrer.
Le média public au centre d’un rattrapage financier
Le financement de CBC/Radio-Canada traduit la volonté de renforcer un acteur national. En campagne, Mark Carney avait promis 150 millions supplémentaires chaque année. Cette hausse visait un rapprochement avec la moyenne internationale. Les diffuseurs publics recevaient 62 dollars par habitant, contre 33 dollars pour CBC/Radio-Canada.
Le premier budget Champagne avait accordé 150 millions à la société d’État, en octobre dernier. Le document présente CBC/Radio-Canada comme un pilier culturel depuis 1936. Toutefois, l’investissement devra démontrer ses effets régionaux.
Le journalisme local, maillon essentiel de la cohésion
Le budget reconnaît le rôle des médias de proximité. L’Initiative de journalisme local recevra 134 millions sur quatre ans. Elle soutient des organismes de presse indépendants partout au pays. Une communauté privée de nouvelles fiables perd des repères pour débattre.
Cependant, une enveloppe ne garantit pas la vitalité des rédactions régionales. Les médias doivent couvrir les décisions municipales, les services publics et les enjeux quotidiens. Ils doivent vérifier les faits et donner la parole aux citoyens. Son efficacité dépendra de critères transparents et de l’autonomie éditoriale.
Un crédit d’impôt étendu pour rapprocher les formats
Le crédit d’impôt journalistique s’ouvre aux nouvelles audio et visuelles. Désormais, les journalistes de ces secteurs bénéficieront des mêmes modalités. Le taux restera fixé à 35 %. La limite annuelle des dépenses atteindra 85 000 dollars par employé.
Ottawa maintiendra ce taux deux années supplémentaires, jusqu’au 31 décembre 2028. Les consultations menées auprès des parties prenantes ont éclairé la réforme, selon le budget. Son coût atteindra 501 millions de dollars sur cinq ans. Les entreprises gagneront en visibilité.
Au-delà des annonces, un soutien durable devra garantir l’indépendance, la diversité des voix, la présence des médias dans les régions et la confiance des citoyens, sans confondre financement public, ligne éditoriale et service rendu à la démocratie canadienne, dans toutes les communautés éloignées.
Cette extension reconnaît que l’information circule sur plusieurs supports. Elle peut soutenir les rédactions produisant des contenus sonores et vidéo. Toutefois, l’accès dépendra des critères d’admissibilité et des dépenses déclarées. Les petites structures devront maîtriser les démarches. Sans accompagnement, l’avantage pourrait profiter aux organisations équipées.
Le budget combine soutien public, aide locale et avantage fiscal. Il veut renforcer la production canadienne face aux pressions économiques et numériques. Pourtant, les montants ne suffisent pas. Ces indicateurs mesureront les résultats. L’investissement sert la souveraineté démocratique.







