Lundi, anciens collègues et personnalités publiques ont salué la mémoire de Jean-Luc Mongrain, animateur et journaliste. Ainsi, les témoignages ont afflué sur les ondes et les réseaux sociaux. Tous décrivent un homme unique, drôle et généreux de son temps.
Gérard Deltell, ancien collègue et député fédéral, évoque un style flamboyant et enthousiaste. Pour lui, Mongrain savait présenter les choses avec sarcasme ou sourire. Pourtant, l’information restait toujours au cœur de son propos. Les gens s’identifiaient à lui.
Un style flamboyant qui a décoincé le métier
Pierre Bruneau garde l’image d’un bonhomme chaleureux, humoriste et coriace. Selon lui, ce tempérament a décoincé le métier de journaliste. Certes, la neutralité compte, mais les émotions et les engagements existent. Ainsi, les barrières tombaient tranquillement, une à une.
Gary Arpin rappelle une anecdote révélatrice de ses débuts à Sherbrooke. Face à trois caméras, Mongrain a dicté sa loi au réalisateur. Il a décidé que la technique servirait la communication. Cet héritage dépasse donc les studios.
Rigueur des faits et amour de la langue
Selon Gérard Deltell, Mongrain ne voulait pas être journaliste, car la neutralité semblait impossible. Pourtant, il exigeait des preuves parfaites de lui-même et de ses collègues. D’abord les faits, ensuite son interprétation, qu’il vulgarisait avec un talent exceptionnel.
Steve Flanagan vante sa rigueur et son art oratoire, démontré pendant plus de quarante ans. Il détestait les phrases creuses. Surtout, il aimait la langue française et cherchait le mot juste. Ses propos pouvaient piquer, mais jamais il n’agressait.
L’écho des gens, jamais l’attiseur de colère
Caroline Lacroix évoque un choc et une tristesse. Elle se souvient d’un homme curieux, droit, doté du sens de l’indignation. Il poussait la relève à se dépasser. En outre, elle l’avait rencontré à huit ans, avant de devenir sa collègue.
Ses proches insistent sur ses valeurs humaines. Mongrain se faisait l’écho des gens en colère, sans jamais l’attiser. Selon Bernard Fabi, son information-spectacle ne trahissait jamais la vérité. La polarisation actuelle, estime Pénélope McQuade, n’a rien de son approche.
Un monument dont l’indignation manquera
Paul St-Pierre Plamondon et le premier ministre du Canada ont salué un personnage unique. Incontournable pendant plus de cinquante ans, il a aidé des générations à comprendre le monde. Ainsi, le Québec perd une voix. Comme le résume Steve Flanagan, l’indignation est en deuil aujourd’hui avec le départ de Jean-Luc Mongrain .









