Libreville, 3 septembre 2026 — La Cour des comptes du Gabon dénonce d’importantes malversations financières. Le Premier président Alex Euv Moutsiangou a dressé un constat alarmant. « Les uns et les autres sont appelés à restituer les sommes distraites », a-t-il confié. Ce montant atteindrait globalement 1700 milliards de FCFA. L’institution l’a révélé dans le quotidien national L’Union, le 2 septembre.
Pour l’instant, peu de détails précisent la période concernée. Les décisions rendues et les personnes visées restent également inconnues. Cette somme colossale équivaut, selon lui, au budget de certains pays. Elle a été découverte lors d’une mission de contrôle récente. Cette mission visait à accompagner des réformes essentielles pour le pays. Les équipes ont examiné plusieurs secteurs sensibles de la vie nationale. La sécurité sociale et les évacuations sanitaires figurent parmi eux. Le Fonds des Gabonais économiquement faibles a aussi été audité. Deux audits supplémentaires ont ciblé la CNAMGS directement.
La CNAMGS déjà pointée du doigt en 2025
Cet audit ne surprend guère au vu des faits récents. En janvier 2025, la CNAMGS avait déjà connu une crise majeure. Les structures pharmaceutiques l’avaient alors déclarée persona non grata. « La Cnamgs ne rembourse plus les médicaments que nous délivrons », dénonçaient les syndicalistes. Cette caisse avait pourtant été créée en 2007. Elle devait garantir la couverture maladie à toute la population. Elle assurait aussi les prestations familiales aux Gabonais économiquement faibles.
Un nouveau recensement des Gabonais économiquement faibles en préparation
Libreville prépare justement un nouveau recensement de ces populations vulnérables. Le précédent avait eu lieu en août 2023. Depuis 2020, le FMI recommandait déjà des réformes de gouvernance. L’institution insistait sur la lutte contre la corruption. Elle appelait aussi à renforcer les organismes anticorruption existants. Une meilleure transparence dans la gestion publique restait indispensable, selon elle.
Une dette publique qui dépasse le seuil communautaire
La dette publique gabonaise dépasse désormais 90 % du PIB. Ce niveau excède largement le seuil de 70 % fixé par la Cemac. Si l’État récupérait l’intégralité des fonds détournés, la situation changerait. Ces sommes constitueraient alors un matelas financier appréciable. Le Trésor public pourrait ainsi souffler face à cette pression. L’État retrouverait potentiellement des marges pour ses priorités sociales.
Source EcoMatin









