Un jury du Nevada a tranché le 31 août une énigme criminelle très commentée. Douze jurés du comté de Clark ont reconnu Duane « Keffe D » Davis coupable de meurtre au premier degré. L’ancien caïd de Compton répond ainsi de son rôle dans l’assassinat du rappeur Tupac Shakur en 1996. Cette décision met un terme à 27 ans d’incertitude, de rumeurs et de pistes sans suite. De fait, les jurés ont délibéré moins de trois heures, un temps record après plusieurs semaines d’audience.
L’attaque avait visé la voiture de Shakur lors d’une fusillade nocturne à Las Vegas. Pendant près de trois décennies, aucune arrestation n’était venue clore le dossier. En effet, Davis restait le dernier témoin encore vivant présent dans le véhicule des tireurs présumés. Les autres occupants sont tous décédés au fil des années. Par ailleurs, l’enquête a longtemps stagné, jusqu’à ce que Davis évoque publiquement son passé. Ses mémoires, publiées en 2019 sous le titre Compton Street Legend, ont relancé les investigations. Selon les autorités, ce livre contenait des aveux déguisés en simples souvenirs.
Un rôle d’organisateur plutôt que de tireur
Le parquet a bâti son dossier sur les propres déclarations publiques de l’accusé. En outre, les procureurs estiment que ses récits répétés n’étaient pas de simples vantardises. Grâce à la loi du Nevada sur la complicité, l’accusation n’avait pas besoin de prouver qu’il avait tiré. Il suffisait de démontrer qu’il avait aidé à planifier l’attaque. Ainsi, le procureur Binu Palal a soutenu que Davis avait fourni l’arme et réuni les complices. Par ailleurs, il aurait orchestré la riposte après une bagarre à l’hôtel MGM Grand. Cet incident impliquait son neveu Orlando Anderson et l’entourage de Tupac. De plus, l’accusation avance que Davis a ensuite exploité cette notoriété criminelle à son propre profit financier.
Une défense centrée sur l’absence de preuves
L’avocat Michael Sanft a qualifié les propos de son client de simple fanfaronnade. Selon lui, Davis cherchait uniquement un profit financier grâce à cette tragédie. La défense a rappelé qu’aucune arme, empreinte ou trace ADN ne reliait l’accusé à la scène du crime. Elle a même contesté sa présence à Las Vegas cette nuit-là. Néanmoins, les jurés n’ont pas retenu cette version des faits présentée par la défense.
Des preuves audio déterminantes
Un enregistrement d’un interrogatoire mené en 2008 a marqué les débats du procès. En effet, Davis y détaillait, selon l’accusation, l’intérieur du véhicule et la gestion de l’arme. Les procureurs ont également présenté la chronologie de ses déclarations changeantes au fil du temps. Toutefois, ils ont souligné que les grandes lignes du récit restaient cohérentes. Par ailleurs, le procès a révélé la méfiance persistante entre gangs et forces de l’ordre dans les années 1990.
Enfin, âgé de 63 ans, Davis n’a pas témoigné durant le procès. Sa condamnation est fixée au 13 octobre 2026 et il prévoit de faire appel de ce verdict. Pour sa part, la famille de Tupac s’est dite soulagée de voir cette affaire enfin résolue après tant d’années.









