Québec réagit face à l’échec des négociations commerciales. La première ministre Christine Fréchette a annoncé deux programmes d’aide. Cette décision intervient après l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs américains. L’annonce a eu lieu samedi midi, après une rencontre ministérielle.
D’emblée, Christine Fréchette a employé des mots forts. Selon elle, ces tarifs touchent 7,7 milliards $ d’exportations québécoises. Ce montant représente plus de 9 % des exportations vers les États-Unis. « C’est colossal », a-t-elle martelé devant la presse.
Par ailleurs, plusieurs entreprises subissent déjà des conséquences concrètes. Certaines perdent des contrats depuis la menace tarifaire de juillet. D’autres devront ralentir leur production dans les prochaines semaines. Conséquence directe : des travailleurs risquent de perdre des heures. Pire encore, certains emplois pourraient purement disparaître.
Deux programmes distincts pour deux réalités économiques
Dès la semaine prochaine, les entreprises pourront déposer leur demande. Le premier programme cible les PME modestes. Il concerne les structures générant entre un et deux millions de dollars.
Le second programme vise des entreprises plus importantes. Leur chiffre d’affaires doit dépasser deux millions de dollars. De plus, elles doivent subir des tarifs de 25 % ou plus. Ce fonds, baptisé FORCE, propose des prêts avantageux. Un moratoire de remboursement s’étend jusqu’à 24 mois. Un congé d’intérêts s’applique également durant la première année.
Le second volet, le PAUPME, cible les plus petites structures. Les municipalités régionales géreront directement ces demandes. Les entreprises admissibles pourront recevoir jusqu’à 150 000 $. Le ministre Bernard Drainville a précisé la complémentarité fédérale. « On va être complémentaire aux mesures fédérales », a-t-il assuré.
Une stratégie coordonnée avec Ottawa
Samedi après-midi, Mme Christine Fréchette s’est entretenue avec Mark Carney. Cette discussion incluait également les autres provinces canadiennes. Elle souhaitait insister sur la protection des travailleurs. Selon elle, le fédéral doit assumer sa responsabilité première. C’est lui qui a mené ces négociations commerciales.
En parallèle, Québec réfléchit à d’éventuels contre-tarifs. L’objectif reste clair : maximiser l’impact sur les Américains. Simultanément, il faut minimiser les conséquences pour les entreprises locales. Mme Fréchette a d’ailleurs maintenu certaines mesures existantes. Les produits américains resteront absents de la SAQ.
Une opposition partagée entre collaboration et scepticisme
L’après-midi, une rencontre a réuni tous les partis politiques. Ainsi, Mme Fréchette espérait une réponse unie face à la crise. Charles Milliard, du PLQ, a offert sa collaboration. Toutefois, il ressort plus inquiet qu’à son arrivée. Selon lui, aucune information nouvelle n’a été partagée.
De son côté, Paul St-Pierre Plamondon reste prudent. Il étudiera les programmes dans les prochaines heures. Ruba Ghazal, de Québec solidaire, réclame des garanties d’emploi. Elle attend toujours une réponse gouvernementale claire à ce sujet.
Enfin, Éric Duhaime juge la rencontre insuffisante. Néanmoins, il a soulevé la question des barrières interprovinciales. Il invite Québec à les suspendre rapidement.
Source Radio Canada









