Un vent d’optimisme soufflait mardi sur les discussions tarifaires entre le Canada et les États-Unis. Une proposition d’accord devait en effet être soumise au président Donald Trump dès lundi prochain. Pourtant, cet horizon dégagé cache une tempête diplomatique loin d’être apaisée. Selon des sources de CBC News, aucune annonce ne semble réellement imminente. Les négociateurs canadiens jugent en outre la dernière offre américaine sur les tarifs douaniers encore trop timide. Le dossier ressemble désormais à une partie d’échecs sans fin.
Une offre jugée insuffisante par Ottawa
Mardi, Washington a présenté une nouvelle proposition à ses homologues canadiens. Elle prévoit une réduction de certains tarifs douaniers sectoriels ciblés. Ce geste reste toutefois en deçà des attentes formulées par le Canada. Concrètement, les Américains chercheraient surtout un accès préférentiel aux minéraux essentiels canadiens. La sécurité et l’énergie figureraient également au cœur des exigences de Washington. Ottawa refuse ainsi de céder du terrain sans contrepartie suffisante en retour. Les deux camps campent donc encore sur des positions difficilement conciliables.
Le compte à rebours du 19 août
L’horloge tourne désormais à l’approche de cette date charnière. Ce jour-là entrera en vigueur une nouvelle salve de droits de douane. Le 20 juillet dernier, Donald Trump avait menacé d’imposer 50 % de tarifs supplémentaires. Des centaines de produits canadiens seraient touchés, des bâtons de hockey au miel. Ces mesures s’ajouteraient par ailleurs aux tarifs sectoriels déjà appliqués depuis plusieurs mois. L’échéance plane comme une épée de Damoclès sur les deux économies.
Des irritants qui pèsent sur la relation bilatérale
Le président américain a également pointé plusieurs irritants persistants côté canadien. Il critique notamment le retrait de l’alcool américain de certaines étagères provinciales. La gestion de l’offre laitière demeure aussi une pomme de discorde tenace. Pour justifier ces mesures, il invoque une loi commerciale datant de 1930. Ce texte autorise le président à sanctionner tout partenaire jugé discriminatoire. La relation entre les deux voisins ressemble désormais à un mariage sous tension.
Une diplomatie de la dernière ligne droite
Si une proposition arrivait lundi, Trump n’aurait que deux jours pour trancher. Le ministre Dominic LeBlanc s’est rendu à Washington mardi pour la troisième fois. Il y a rencontré le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, à nouveau. La négociatrice en chef Janice Charette multiplie elle aussi les déplacements stratégiques. Le Canada affirme rester pleinement engagé à la table des négociations. Selon son équipe, LeBlanc et Charette demeureraient à Washington jusqu’à jeudi. Chaque heure compte désormais dans ce bras de fer commercial nord-américain sur les tarifs douaniers. La diplomatie économique se joue ainsi sur le fil, entre fermeté et compromis nécessaire.
Un dossier suivi de près par les milieux économiques
Les États-Unis demeurent le premier partenaire commercial du Canada, loin devant tout autre pays. Un échec pèserait lourdement sur des secteurs entiers, de l’automobile à l’agroalimentaire. Les milieux d’affaires observent donc ce feuilleton avec une attention particulière. Certains analystes évoquent un possible effet domino sur d’autres partenaires nord-américains. Le dénouement pourrait ainsi redessiner les équilibres commerciaux du continent entier.









