Le classement Times Higher Education Africa 2026 dresse un portrait saisissant de l’enseignement supérieur africain. Il recense 151 universités réparties dans 18 pays du continent. Pourtant, une nation brille par son absence totale : le Gabon. Ce silence académique mérite une analyse rigoureuse.
Par le journaliste Roland Olouba Oyabi
L’Afrique du Sud, l’Égypte et le Maroc trustent le podium continental
L’Afrique du Sud domine ce classement de manière éclatante. L’Université du Cap occupe la première place africaine et figure parmi les 200 meilleures universités mondiales. Stellenbosch et Witwatersrand complètent ce trio d’élite national. Par ailleurs, l’Université de Johannesburg confirme son rayonnement régional grâce à ses liens forts avec l’industrie.
Ensuite, le Maroc surprend favorablement avec l’Université Polytechnique Mohammed VI dans le top 5 continental. Cette institution privée moderne affiche des performances remarquables en ouverture internationale. De plus, l’Égypte impose sa puissance numérique : elle place 36 universités dans le classement. L’Université américaine du Caire et l’Université Al-Azhar incarnent cette diversité académique égyptienne. Ces trois pays partagent un point commun décisif : ils investissent massivement dans la recherche scientifique.
Nigeria et Ghana : l’Afrique subsaharienne monte en puissance
L’Afrique subsaharienne anglophone progresse également de manière significative. L’Université de Cape Coast s’impose comme la meilleure institution d’Afrique de l’Ouest dans ce classement Times Higher Education Africa 2026. Au Nigeria, l’Université d’Ibadan, fondée en 1932, reste une référence historique incontestée. L’Université de Lagos et l’Université Covenant renforcent davantage la présence nigériane. Ainsi, ces nations prouvent qu’une politique universitaire volontariste génère une reconnaissance internationale durable.

Le Gabon : trois universités publiques, zéro présence dans le classement
Voici le constat le plus troublant de cette édition 2026. Le Gabon est totalement absent du palmarès. L’Université Omar Bongo (UOB) de Libreville, principal établissement de sciences humaines du pays, n’apparaît nulle part. L’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM) de Franceville, spécialisée en ingénierie, reste également invisible. Enfin, l’Université des Sciences de la Santé (USS) de Libreville est absente de cette carte académique africaine.
Cette triple absence révèle des failles structurelles profondes. D’abord, la production scientifique gabonaise demeure très limitée. Les publications indexées dans les bases internationales restent rares et peu citées. Ensuite, les collaborations académiques avec l’étranger manquent de profondeur et de régularité. Elles ne génèrent donc pas de visibilité mesurable par les indicateurs Times Higher Education Africa. Par ailleurs, l’Afrique francophone demeure globalement sous-représentée dans ces classements internationaux. Le Gabon en constitue l’illustration la plus frappante.
Des solutions concrètes pour sortir le Gabon du silence académique
Des leviers existent néanmoins pour inverser cette tendance préoccupante. Premièrement, augmenter les budgets alloués à la recherche universitaire est impératif. Deuxièmement, encourager les enseignants-chercheurs à publier dans des revues indexées constitue une priorité absolue. De surcroît, nouer des partenariats solides avec des universités classées comme Johannesburg favoriserait une montée en puissance rapide. Enfin, investir dans la mobilité internationale améliorerait directement les scores en perspectives internationales.
En définitive, l’UOB, l’USTM et l’USS disposent d’un capital humain réel et précieux. Transformer cette ressource en excellence académique reconnue reste le défi prioritaire du Gabon pour rejoindre la carte universitaire africaine.









