Arsenal est officiellement champion d’Angleterre. Le titre a été acquis le mardi 19 mai, à distance. La veille, les hommes de Mikel Arteta avaient battu Burnley (1-0). Ce soir-là, Manchester City n’a arraché qu’un nul face à Bournemouth. Avec quatre points d’avance à une journée de la fin, Arsenal est mathématiquement intouchable.
C’est le quatorzième titre du club londonien. Le premier depuis la saison légendaire 2003-2004, celle des « Invincibles » d’Arsène Wenger. Sur le continent africain, l’attente était tout aussi longue.
Une popularité née dans les années 1990
De Lagos à Nairobi, d’Abidjan à Kampala, Arsenal n’est pas un club ordinaire. Sa popularité africaine s’est construite dans les années 1990. La chaîne sud-africaine SuperSport a ouvert les portes de la Premier League aux foyers du continent.
Les maillots rouge et blanc ont rapidement envahi les rues africaines. Le jeu offensif des Gunners séduisait. Mais ce qui a tout changé, c’est l’effectif. Sous Wenger, Arsenal ouvre grand ses portes aux joueurs africains : Nwankwo Kanu, Kolo Touré, Lauren, Emmanuel Adebayor.
Kanu, arrivé en 1999, incarne cette connexion. Double Ballon d’or africain (1996, 1999), il joue avec une élégance nonchalante que les supporters du continent reconnaissent immédiatement.
L’effet Wenger, un héritage continental
Arrivé à Highbury en 1996, le technicien alsacien transforme l’identité du club. Il constitue un effectif cosmopolite. Patrick Vieira, né à Dakar, côtoie Thierry Henry, William Gallas et Kolo Touré. Tous bâtissent un âge d’or mémorable.
En septembre 2002, face à Leeds (4-1), Arsenal aligne neuf joueurs noirs au coup d’envoi. C’est une première en Premier League. Trois titres suivront, en 1998, 2002 et 2004, avec une série historique de 49 matches sans défaite.
Aujourd’hui, la diaspora perpétue le lien
L’effectif sacré en 2026 ne compte aucun joueur représentant une sélection africaine. Thomas Partey, le Ghanéen, est parti à l’été 2025. Mais le lien avec le continent passe désormais par les diasporas.
Bukayo Saka, meneur technique des Gunners, est né à Londres de parents nigérians. Eberechi Eze, Noni Madueke et le jeune Ethan Nwaneri partagent les mêmes origines. William Saliba, pilier défensif, a des racines camerounaises.
Dangote, un rêve de rachat définitivement clos
Vingt ans sans trophée majeur n’ont pas éteint la passion africaine pour Arsenal. Ce sacre 2026 récompense cette fidélité.
Ce titre s’accompagne d’une page définitivement tournée. Aliko Dangote, première fortune africaine, avait longtemps évoqué un rachat du club. Le 14 mai dernier, cinq jours avant le sacre, le milliardaire nigérian a fermé la porte. Il a choisi d’investir dans sa raffinerie pétrochimique de Lagos. La valorisation d’Arsenal, passée d’environ 2 à 4 milliards de dollars, a rendu l’opération inaccessible. « Aujourd’hui ils valent des milliards », a-t-il reconnu. « J’ai décidé de continuer à les soutenir. »
Vers Budapest, avec toute l’Afrique en soutien
Le prochain rendez-vous est fixé au 30 mai, à Budapest. Arsenal affronte le PSG en finale de la Ligue des champions. Face à eux, un adversaire devenu lui aussi profondément ancré sur le continent africain depuis son titre européen de l’année précédente. Deux clubs, une même passion africaine : la finale s’annonce historique.









